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Faut-il réautoriser l'abattage à la ferme?

Le 23 septembre dernier , Céline Tellier (Écolo), ministre wallonne du Bien-être animal et Willy Borsus (MR), ministre wallon de l'Agriculture, ont annoncé qu'un budget de 100 000 euros allait être dédié à une étude de faisabilité sur l'abattage d'animaux à la ferme. Est-ce l'avenir ? Un requiem pour les abattoirs traditionnels ?

Entretiens : Louise Vanderkelen & Thierry Boutte
Faut-il réautoriser l'abattage à la ferme?
©Unsplash

Oui pour Sylvie La Spina, ingénieure agronome au sein de Nature & Progrès Belgique, auteure de "Abattage à la ferme, pistes pour une concrétisation en Wallonie"

Le transport vers l'abattoir stresse les animaux, dégrade leur viande et coûte du temps aux éleveurs. Certains bovins sont plus difficiles à manipuler. Abattre à la ferme est bénéfique pour le bien-être animal et permet de respecter la logique du circuit court.

Pourquoi les animaux doivent-ils être abattus à la ferme selon vous ?

Premièrement, pour leur bien-être. Il est difficile de déplacer certains bovins de races spéciales comme les Highlands, les Galloway et les Salers, qui sont plus sauvages. Ils passent l'année dehors. Ces animaux ne sont donc pas habitués à être manipulés, à rentrer dans une bétaillère et sont très stressés par le transport. Quand on se met à la place de l'animal qui arrive à l'abattoir, que ce soit un porc, un bovin ou un mouton, on peut comprendre qu'il soit stressé par cet endroit qu'il ne connaît pas, avec des personnes qu'il ne connaît pas, des bruits et des odeurs étranges. L'objectif est donc de se passer du transport des animaux qui est de plus en plus long. En effet, en une trentaine d'années, on a perdu la moitié des abattoirs en Wallonie. Cela veut dire que les éleveurs doivent aller toujours plus loin pour faire abattre leurs animaux. C'est aussi contraignant d'un point de vue économique pour les éleveurs car ces trajets empiètent sur leur temps de travail. De plus, cette démarche est tout à fait contradictoire avec le circuit court. D'autant que certains abattoirs ne sont pas ouverts pour abattre un ou deux cochons par éleveur, ils demandent 50 ou 100 bêtes. Enfin, on sait que la viande d'un animal stressé est de moins bonne qualité. Le fait que les animaux restent dans leur environnement permet vraiment d'optimiser cette qualité, ce qui est d'autant plus important pour les éleveurs qui travaillent en circuit court et souhaitent se différencier des produits proposés par la grande distribution. Et puis, certains éleveurs défendent l'abattage à la ferme car ils souhaitent accompagner leurs animaux jusqu'au bout, par respect et responsabilité à leur égard.

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