La FEB tend la main aux syndicats et... s'impatiente face à la crise politique : "Cherchons ce qui nous unit"
Le patronat belge veut faire évoluer le modèle de concertation qui date des années 60. Et attend de pied ferme un nouveau gouvernement...
- Publié le 13-02-2020 à 19h52
- Mis à jour le 14-02-2020 à 08h49
Le modèle actuel de concertation sociale entre syndicats et employeurs se heurte à ses limites et il est nécessaire d'en trouver un nouveau, loin du conflit, a plaidé jeudi la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) à l'occasion de son 125e anniversaire.
Le modèle actuel de concertation sociale et économique date des années 1960, souligne l'administrateur délégué de la fédération patronale Pieter Timmermans. "Cette dernière décennie, il a évolué d'un modèle de partenariat vers un modèle de conflit. Nous devons à nouveau évoluer vers le partenariat", a-t-il dit.
La FEB veut négocier ce nouveau type de modèle de concertation socio-économique avec les syndicats. "La FEB n'est pas contre les syndicats. Nous ne leur jetons pas la pierre mais leur tendons la main." Concrètement, la fédération souhaite se retrouver autour de la table avec les syndicats pour réformer le modèle de concertation sociale "en toute discrétion et sans tabous".
Objectif : viser le top 5
La modernisation du dialogue social fait partie d'une nouvelle vision que la FEB a élaborée à l'occasion de son 125e anniversaire. Celui-ci est célébré jeudi soir au Bozar à Bruxelles, en présence du roi Philippe, de la Première ministre, Sophie Wilmès, et de ministres issus de divers gouvernements.
À cette occasion, l'organisation patronale se dote d'un nouveau logo et d'un nouveau président, le CEO d'Ageas, Bart De Smet, qui succède à Bernard Gilliot (Tractebel). Lors de son intervention, Bart De Smet est revenu sur la 22e place de la Belgique dans le dernier rapport sur la compétitivité mondiale du Forum économique mondial qui a passé en revue la compétitivité – évaluée selon différents paramètres – de 141 économies. "Tout le monde est d'accord pour dire que nous devons faire mieux. Tout le monde est d'accord pour dire que nous pouvons faire mieux. Le défi est de faire en sorte que les choses s'améliorent", a-t-il expliqué. Et d'ajouter : "Notre ambition doit être de faire partie du top 5 des pays les plus compétitifs. D'aller plus haut, non pas en termes de charge fiscale, où nous atteignons le top 3, mais de briller dans les classements pour l'éducation, la compétitivité et profiler Bruxelles comme centre financier. C'est pourquoi il est important de se concentrer sur un certain nombre de segments sur lesquels nous pouvons faire la différence." Et de plaider pour que "le long terme définisse le débat". "Cessons de réfléchir en termes de veto, mais cherchons ce qui nous unit", a-t-il ajouté.
Une phrase qui invite le monde politique belge à former enfin... un gouvernement.
