Malgré le retour de la croissance, le déficit public global se détériore
Le rapport du Comité de monitoring était attendu avec beaucoup d'intérêt du côté des cabinets ministériels. Un vent favorable nous l'a acheminé, et les résultats sont très disparates. En résumé : côté fédéral (entité I), les nouvelles sont plutôt bonnes, tandis que du côté des Régions et des pouvoirs locaux (entité 2), les nouvelles ne sont guère réjouissantes. Résultat des courses : malgré le retour de la croissance, plus forte qu'attendu en début d'année pour cette année surtout (+5,5%), le déficit public global (entité 1 et entité 2) se détériore.

- Publié le 14-07-2021 à 00h16
- Mis à jour le 14-07-2021 à 17h34

Alors que les "sans papiers" de l'église du Béguinage et l'affaire "Haouach" mettent la Vivaldi sous pression, en coulisses, les discussions techniques sur le plan budgétaire ont commencé. Elles vont préparer la première épure du budget de l'année 2022 et surtout orienter les discussions à la rentrée de septembre sur la prolongation ou pas des mesures de soutien. Entre l'aile gauche et l'aile droite du gouvernement, on n'est manifestement pas tout à fait raccord sur les efforts budgétaires encore à déployer, qui coïncideront de surcroît avec les premiers investissements pour le redéploiement de l'économie. Dans ce contexte, le rapport du Comité de monitoring était attendu avec beaucoup d'intérêt du côté des cabinets ministériels. Un vent favorable nous l'a acheminé, et les résultats sont très disparates. En résumé : côté fédéral (entité I), les nouvelles sont plutôt bonnes, tandis que du côté des Régions et des pouvoirs locaux (entité 2), les nouvelles ne sont guère réjouissantes. Résultat des courses : malgré le retour de la croissance, plus forte qu'attendu en début d'année pour cette année surtout (+5,5%), le déficit public global (entité 1 et entité 2) se détériore.
Meilleure croissance, recettes fiscales plus larges
En termes chiffrés, cela donne quoi ? L'amélioration du solde de financement au niveau du pouvoir fédéral se monte à 2, 321 milliards d'euros cette année, soit 0,62% du PIB, ce qui s'explique surtout par une augmentation des recettes fiscales (+2,195 milliards d'euros). Le déficit s'inscrit donc 27.433 milliards d'euros ou -5.65 % du PIB, contre un déficit de 29,754 milliards d'euros, soit -6,27 % du PIB, au moment de la mise en œuvre du plan de relance.
Le déficit de la sécurité sociale, quant à lui, a continué à se creuser de 306 millions d'euros et est désormais estimé à 1 178 millions d'euros, contre 872 millions d'euros au moment de l'examen du budget en avril.
Et pour 2022 ? Là, le solde de financement "fédéral" est estimé à un déficit de 18, 039 milliards d'euros, soit -3,56 % du PIB. Par rapport aux estimations pour 2021, il s'agit d'une amélioration de 10,322 milliards d'euros, soit 2,28 % du PIB. En 2024, d'après le Comité de monitoring, le déficit s'élèverait à 3,15 % du PIB pour l'entité 1.
Ces relatives bonnes nouvelles, qui s'expliquent par une croissance plus prononcée cette année qu'attendu, sont plus que largement compensées par la détérioration du déficit du côté des Régions (entité 2).
Mesures contre la pauvreté
Le déficit s'aggrave même dans des proportions relativement importantes en 2021 ! Le solde global de l'entité II en 2021 est estimé à un déficit de 9,466 milliards d'euros, soit -1,95 % du PIB. Par rapport à l'estimation reprise dans le programme de stabilité d'avril, cela représente une détérioration de 2,803 milliards d'euros (!), soit 0,55 point de pourcentage du PIB. Cette détérioration est principalement attribuable aux mesures supplémentaires Covid-19, en particulier les mesures prises pour lutter contre la pauvreté, relève le comité de monitoring. En 2022, le solde de financement de l'Entité II devrait s'améliorer pour atteindre un déficit de 5, 679 milliards d'euros, soit -1,12 % du PIB, avant de se détériorer à nouveau les deux années suivantes pour atteindre un déficit de 6,4 milliards.
Globalement, et cela va évidemment encore corser les discussions entre les membres de la coalition gouvernementale, le déficit global se creuse donc encore un peu plus pour 2021, de 800 millions, à 37,8 milliards de déficit (7,8% du PIB).