Comment une fleur est-elle devenue la cause du premier krach boursier ?
La Tulipomania fait référence à une crise spéculative sur le cours du bulbe de tulipe dans le nord des provinces unies (la Hollande actuelle) qui atteignit son plus haut niveau en 1637. L'effondrement qui a suivi fut extrêmement rapide. Cette crise est considérée comme la première bulle spéculative.
- Publié le 26-07-2021 à 14h30
- Mis à jour le 26-07-2021 à 14h33

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L'histoire se passe dans les Provinces-Unies, à savoir les Pays-Bas de l'époque mais commence dans l'Empire Ottoman (la Turquie).
Cultivées dans les magnifiques jardins de Constantinople, les tulipes sont considérées comme un objet de luxe. Avec leurs belles couleurs vives, elles suscitent un important engouement aussi bien dans l'art puisqu'on retrouve cette fleur dans de nombreuses peintures de l'époque, que dans les jardins des plus riches.
Elles sont importées à la fin du 16e siècle en Europe, à une époque où les fleurs ne sont plus seulement considérées pour leurs propriétés médicinales. Les bourgeois font alors planter des tulipes dans leurs jardins privés et cultiver un jardin floral devient un loisir.
Cet engouement pour la tulipe entraîna l'augmentation démesurée des cours du bulbe. En cause ? Une hystérie spéculative fondée sur le commerce des bulbes de tulipe dont les prix atteignirent des sommets, avant de s'effondrer en 1637. Plus la popularité des tulipes s'élevait et plus les horticulteurs étaient prêts à payer des prix élevés pour des bulbes. Entre 1634 et 1637, le prix des bulbes de tulipes ont même augmenté de 5900%.
Comment cette bulle spéculative est-elle apparue ?
La tulipe possède bien des particularités. La rareté tout d'abord puisqu'il faut entre 7 à 12 ans pour qu'une graine produise un bulbe capable de fleurir. Les variétés les plus recherchées sont celles aux motifs marbrés multicolores, une teinte provoquée par un virus qui ralenti encore plus le développement de la plante, ce qui la rend encore plus chère. La nature-même de la tulipe a donc contribué a alimenté la pénurie et à attiser la spéculation.
De plus, les ventes au comptant ne peuvent se dérouler qu'entre juin et septembre, puisque c'est le seul moment où le bulbe peut être déraciné et replanté. Le reste de l'année les ventes se font alors à terme. C'est ainsi que les Hollandais ont développé une des nombreuses techniques de la finance moderne, créant par là une bourse de la tulipe ouverte toute l'année.
Le commerce du vent
En 1634, la France aussi s'intéresse aux tulipes et amène sur le marché une demande croissante, c'est alors que les spéculateurs entrent en jeu. La production ne suffit pas, on négocie alors les contrats sur les futures productions. Les transactions ne portent donc plus sur des bulbes existants mais sur des bulbes à venir, cette spéculation est qualifiée de Windhandel, ou "commerce du vent". Les mouvements spéculatifs s'amplifient rapidement. En 1635, il est déjà possible d'acheter une part d'un bulbe de tulipe.
Le 6 février 1637 tout s'écroule. De moins en moins de spéculateurs sont capables d'aligner de tels prix d'achats. La demande s'écroule, et les prix s'effondrent. En quelques jours, plus aucun contrats ne peut être honoré. Les autorités hollandaises annulent ceux-ci et refusent d'obliger les contractants à les honorer.
Au sommet de la tulipomania, en février 1637, un seul et unique bulbe de tulipe s'échange contre l'équivalent de dix fois le salaire annuel d'un artisan qualifié. Durant cette période, les bulbes changent de propriétaire tout au long de la journée. Après l'éclatement de la bulle, un bulbe ne vaut guère plus qu'un vulgaire oignon.
C'est ainsi que l'on qualifie la "tulipomania" comme la première bulle spéculative économique et financière de l'histoire moderne.