Des dépenses bruxelloises à réduire d'urgence
Le nombre d'emplois et dès lors les dépenses salariales ont fortement augmenté en moins de dix ans. D'où la question des économies à faire dans ce "maquis d'institutions". Un commentaire d'Ariane van Caloen.

- Publié le 19-01-2025 à 13h07

Vingt-deux mille cinq cents personnes. C'est le nombre d'emplois dans les 26 organisations de la Région de Bruxelles-Capitale en 2023. Parmi elles, il y a notamment la Stib, l'agence pour l'emploi Actiris ou encore Bruxelles-Environnement. En 2005, ces 26 organisations employaient 13 000 personnes. La hausse est donc de plus de 70 %. Dans certains cas, comme pour Actiris, cette hausse se justifie par des missions en plus, mais pas toujours.
Cette inflation du personnel va évidemment de pair avec une hausse des dépenses salariales des fonctionnaires bruxellois. Sur la période 2018 à 2024, les dépenses sont passées de 1,2 à 1,8 milliard, ce qui représente une progression de 50 %.
Ces chiffres, qui ont circulé cette semaine dans les 26 organisations, ont de quoi faire réfléchir alors qu'on sait que la situation financière de la Région bruxelloise est dans le rouge vif. Petit rappel : le déficit devrait tourner autour de 1,4 milliard en 2025 pour des recettes d'à peine 5,5 milliards. Quant à la dette, elle frôlera les 16 milliards.
Comme on dit, il y a le feu au lac, mais cela ne semble pas donner un déclic pour la formation d'un nouveau gouvernement bruxellois. Ce qui reporte sine die les mesures d'assainissement. Des mesures pourtant incontournables si la Région veut pouvoir continuer à financer sa dette à des taux raisonnables.
Marge de manœuvre
On sait que la marge de manœuvre en termes de recettes est limitée. Celles-ci proviennent essentiellement de la dotation et des recettes fiscales (précompte immobilier, droits de succession etc). Étant donné que la Région bruxelloise a été refinancée lors de la 6ème réforme de l'État en 2016, la probabilité que sa dotation augmente avec l'arrivée du N-VA Bart De Wever comme Premier ministre au gouvernement fédéral est faible, pour ne pas dire nulle.
Reste donc les dépenses. Il paraît évident que le futur gouvernement devra faire des coupes budgétaires. Et ces chiffres sur l'emploi laissent penser qu'il y a une certaine marge. C'est sans doute plus flagrant pour des petites entités que pour la Stib ou Actiris. Faut-il 365 personnes pour Hub. brussels dont la mission est l'accompagnement des entreprises, y compris à l'international ? Cette semaine, son export team a publié son programme, qui passe par le salon immobilier Mipim à Cannes, une mission au Qatar ou une autre mission en Afrique du Sud. Ces missions apportent-elles les résultats escomptés ? À l'heure où tout le monde devra se serrer la ceinture, il faut se poser la question. On peut aussi s'interroger sur les doubles emplois entre urban.brussels et perspective.brussels, qui comptent à elles deux près de 500 personnes. Et qui toutes les deux planchent sur le développement de la Région bruxelloise. On peut aussi s'interroger sur la nécessité d'avoir près de 200 personnes qui travaillent pour Visit. brussels.
Comme le disait un expert des finances bruxelloises, il y a un "maquis d'institutions". Un élagage serait bienvenu.