L'Europe va-t-elle bannir le gaz russe en 2028 ? Une décision a été prise
Selon le texte adopté par le Conseil des ministres de l'UE, il n'y aura plus aucune exception possible, à partir du 1er janvier 2028.
- Publié le 20-10-2025 à 17h32
- Mis à jour le 20-10-2025 à 17h37

Le Conseil des ministres de l'Union européenne (UE) s'est mis d'accord, ce lundi, en vue d'interdire totalement les importations de gaz russe dans l'UE à partir du 1er janvier 2028. Il s'agit d'interdire le gaz naturel liquéfié (GNL) russe, mais aussi le gaz acheminé par gazoducs. Selon le texte adopté, il n'y aura plus aucune exception possible, pour aucun pays de l'UE, à partir de cette échéance.
Cette décision des 27 ministres de Énergie (ci-après: le Conseil) a été prise à la majorité qualifiée, en dépit de l'opposition de la Slovaquie et de la Hongrie. Il s'agit d'une mesure commerciale dont l'objectif est de réduire notre dépendance à la Russie. Le but est d'empêcher Moscou de porter atteinte à l'UE en fermant les vannes du gaz.
Au cours de la réunion du Conseil, Mathieu Bihet (MR), le ministre belge de l'Énergie, a rappelé les nombreuses fois où la Russie avait perturbé l'approvisionnement en gaz de l'Europe : 2006, 2009, 2014, 2019, 2021 et 2022. Le libéral a souhaité que les négociations avec le Parlement européen puissent débuter "sans délai".
Suite à ce feu vert, le Conseil est chargé d'entamer des négociations avec le Parlement européen. La matière est en effet soumise à la procédure de la codécision.
Le Parlement européen veut aller plus vite
Notons que plusieurs commissions du Parlement européen ont voté en faveur d'une interdiction totale du gaz russe dès le 1er janvier 2027 et du pétrole russe dès le 1er janvier 2026. Ces votes, intervenus au sein des commissions Énergie et Commerce international, doivent encore être confirmés en séance plénière du Parlement européen.
Les députés européens semblent donc vouloir bannir le gaz russe un an plus tôt que le Conseil. Les deux institutions vont devoir se mettre d'accord sur une date.
Une mesure spécifique pour le GNL ?
Notons que la Commission a également proposé, en septembre dernier, d'interdire les importations de gaz naturel liquéfié russe (GNL) dans l'UE dès le 1er janvier 2027. Cette interdiction porterait uniquement sur le GNL et non sur le gaz acheminé par gazoducs.
Cette proposition n'a pas été abordée par le Conseil, ce lundi. Juridiquement, cet embargo sur le GNL russe serait en effet une sanction contre la Russie en raison de son invasion de l'Ukraine. Or les sanctions doivent être décidées à l'unanimité des Vingt-sept. Avec le risque que la Hongrie et la Slovaquie, proches de Moscou, mettent leur veto.
En 2025, la Russie devrait fournir environ 3 % du pétrole importé dans l'UE. Pour ce qui concerne le gaz, la Russie devrait encore représenter 13% de l'approvisionnement européen, ce qui représente une facture annuelle de 15 milliards d'euros au bénéfice de Moscou.
