Démolition des tours de refroidissement de Tihange : François Desquesnes assure que sa décision ne sera pas politique
Un recours suspensif a été déposé à l'encontre du permis permettant à Engie de détruire les tours de refroidissement de Tihange 1 et 2. François Desquesnes doit rendre son verdict pour le début du mois de juin.
- Publié le 12-02-2026 à 16h50
- Mis à jour le 12-02-2026 à 17h40

On le sait depuis le début du mois de janvier : la ville de Huy a introduit un recours suspensif contre le permis délivré par l'administration wallonne au groupe Engie, lui autorisant la destruction des tours de refroidissement de Tihange 1 et 2.
Ce permis octroyé à Engie est un coup dur pour le gouvernement De Wever, qui ne désespère pas de relancer l'exploitation de Tihange 1. Mais Engie s'oppose toujours à cette prolongation et entend mettre en œuvre, comme prévu, son programme de démantèlement des réacteurs déjà arrêtés.
À ce stade, le recours suspensif, introduit par la ville de Huy, ne change pas grand-chose au planning d'Engie. En effet, le porte-parole de l'entreprise nous a confirmé que le verdict interviendra avant le mois de septembre, moment prévu pour la démolition de la tour de refroidissement de Tihange 1.
Par ailleurs, le cabinet de François Desquesnes (Les Engagés), le ministre wallon du Territoire, nous a communiqué plus d'informations sur la procédure en cours. Au total, six recours ont été introduits à l'encontre du permis, dont celui de la ville de Huy qui est le seul suspensif.
Selon Stéphanie Gomins, porte-parole de François Desquesnes, "il s'agit de recours administratifs et non de recours en justice". "La suspension du permis est automatique et ne résulte donc pas d'une quelconque décision", précise-t-elle.
François Desquesnes doit recevoir un rapport de la part des fonctionnaires technique et délégué compétents de l'administration wallonne d'ici au 3 avril. Mais le délai de remise du rapport peut être allongé de 30 jours.
Le ministre wallon aura alors 30 jours pour statuer, ce qui implique qu'une décision devrait être rendue pour le début du mois de juin.
Le dernier mot pour le Conseil d'État ?
François Desquesnes a précisé qu'il ne pourra prendre une décision que sur la base d'arguments de droit et "liés aux compétences de l'urbanisme".
Entre les lignes, on comprend que le ministre wallon ne pourra pas empêcher Engie de démolir sa tour de refroidissement dans le but de donner un coup de pouce au ministre fédéral de l'Énergie, Mathieu Bihet (MR), qui espère encore relancer Tihange 1.
Par ailleurs, la décision du ministre ne signera pas la fin du litige. En effet, si François Desquesnes refuse le permis d'Engie, l'entreprise pourra contester cette décision auprès du Conseil d'État, nous précise le cabinet ministériel.
"Et si le ministre accepte le permis d'Engie, les tiers pourront contester la décision devant le Conseil d'État", explique Stéphanie Gomins.
Enfin, le cabinet Desquesnes ne peut pas se prononcer sur le délai que prendrait le Conseil d'État pour prendre une décision. Mais, après cette étape, il n'y a pas d'autres recours administratifs possibles, selon sa porte-parole.

