South Pars : Une "étape dangereuse et irresponsable" provoquée par "la plus grande erreur d'appréciation de l'administration américaine"
La frappe israélienne sur le champ gazier iranien de South Pars est une escalade. Donald Trump affirme n'en avoir rien su. Le "Wall Street Journal" avance le contraire.

- Publié le 19-03-2026 à 16h42
- Mis à jour le 19-03-2026 à 17h05

Une "étape dangereuse et irresponsable" : telle est la qualification, par le porte-parole du ministère des affaires étrangères du Qatar, à propos de la frappe israélienne sur le champ gazier iranien de South Pars, mercredi 18 mars. "Le ciblage des infrastructures énergétiques constitue une menace pour la sécurité énergétique mondiale", a ajouté sur Majed Al Ansari. South Pars est l'extension iranienne du gigantesque champ qatari North Field.
La réplique des Iraniens, qui promettent une riposte contre les infrastructures des pays voisins, n'a pas tardé : une attaque de missiles a visé le complexe de Ras Laffan, au Qatar, qui héberge la plus grande usine de liquéfaction de gaz au monde.
Ce type d'attaque "pourrait avoir des conséquences incontrôlables, dont l'ampleur pourrait submerger le monde entier", a menacé le président iranien, Massoud Pezeshkian. Ces derniers jours, l'Iran a visé les actifs des plusieurs pays considérés comme alliés des États-Unis, dont le champ gazier de Shah, aux Émirats arabes unis, les champs saoudiens de Shayba et Berri et celui de Majnoun en Irak.
Le déni de Donald Trump
Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", avertit pour sa part le président américain Donald Trump, alors "les États-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant".
Sur son réseau Truth Social, Donald écrit n'avoir "rien" su de l'attaque israélienne sur South Pars. Le Wall Street Journal affirme, au contraire, que le président aurait été informé à l'avance de la frappe israélienne et l'aurait approuvée. "Il n'y aura plus d'attaques menées par Israël", promet, en lettres capitales, un Donald Trump de plus en plus erratique dans sa communication sur un conflit aux retombées mondiales.
Un ministre d'Oman sort de sa réserve
De plus en plus de voix dénoncent un aventurisme irresponsable. Dans une tribune publiée jeudi par l'hebdomadaire britannique The Economist, le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi abandonne toute réserve diplomatique pour qualifier le conflit de "catastrophe". L'ex-médiateur dans les discussions entre l'Iran et les États-Unis, accuse l'administration américaine de "s'être laissé entraîner" par Israël dans la guerre à un moment où un accord semblait "réellement possible".
Washington et Téhéran ont été "à deux doigts de conclure un véritable accord" sur le programme nucléaire iranien au cours des neuf derniers mois, affirme-t-il. Mais Donald Trump s'est laissé convaincre par les "dirigeants israéliens" qu'une "capitulation sans condition suivrait rapidement l'assaut initial". Le diplomate omanais y voit "la plus grande erreur d'appréciation de l'administration américaine".
Six pays prêts à sécuriser le détroit d'Ormuz
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé les États-Unis et Israël à mettre un terme à un conflit "qui risque de devenir hors de contrôle". "J'ai deux messages clairs", a affirmé le Portugais, invité au sommet européen de Bruxelles (lire p. 12-13). "Le premier pour les États-Unis et Israël : il est grand temps de mettre un terme à cette guerre, qui risque de devenir complètement hors de contrôle, causant d'immenses souffrances aux civils, avec des répercussions vraiment dramatiques pour l'économie mondiale, spécialement dans les pays les moins développés".
"Deuxièmement, à l'Iran : cessez d'attaquer vos voisins, qui n'ont jamais été parties à ce conflit". Antonio Guterres a également réclamé l'ouverture du détroit d'Ormuz. Six pays – la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon – se disent "prêts à contribuer" à sécuriser le passage.
