Y a-t-il assez de compétences pour piloter un parc nucléaire nationalisé?
La France, qui recherche 10 000 personnes par an dans le nucléaire, pourrait concurrencer la Belgique, estime une source.
- Publié le 26-06-2026 à 07h58
- Mis à jour le 26-06-2026 à 08h19

La Belgique dispose-t-elle des ressources nécessaires, en personnel et compétences, pour relancer puis exploiter davantage de réacteurs nucléaires ? La question se pose alors que la filière nucléaire belge a été délaissée pendant des années, notamment en raison de la sortie du nucléaire initialement prévue en 2025. "C'est une vraie question, estime une source interne à Engie. Il faudra se pencher là-dessus en cas de nationalisation du parc".
Contacté, le porte-parole d'Engie précise qu'environ 2 000 personnes travaillent actuellement sur les sites de Tihange et de Doel. "Les scénarios techniques (NdlR : d'une nationalisation) n'étant pas connus, il n'est pas possible de connaître les impacts éventuels en termes d'emploi", précise Olivier Desclée.
Un rapport vient de conclure que la filière nucléaire française aura besoin de 10 000 collaborateurs supplémentaires par an d'ici à 2035".
L'accord de coopération avec les Pays-Bas, signé peu de temps après l'annonce de la possible nationalisation du parc nucléaire belge, tente probablement de répondre à ce défi des compétences et du personnel dans le domaine nucléaire. Néanmoins, le protocole d'accord cite avant tout la construction de nouvelles centrales et la gestion des déchets nucléaires comme débouchés principaux de la possible coopération belgo-néerlandaise.
Par ailleurs, cette question des compétences ne concerne pas que la Belgique. "Un rapport vient de conclure que la filière nucléaire française aura besoin de 10 000 collaborateurs supplémentaires par an d'ici à 2035", poursuit notre source chez Engie.
Parmi les entreprises françaises à la recherche de talents, il y a évidemment EDF, qui projette de construire six nouveaux réacteurs nucléaires dans les années à venir. "La France pourrait donc concurrencer la Belgique dans la chasse aux compétences", ajoute notre source. D'autant que l'Hexagone pourrait apparaître comme un pays plus stable que le nôtre, concernant son intérêt pour l'énergie nucléaire.
