Jean-Luc Crucke : "La dette wallonne est maîtrisée"
En 2020, la crise Covid a coûté 2,1 milliards d'euros à la Wallonie.
- Publié le 10-03-2021 à 18h43
- Mis à jour le 11-03-2021 à 19h13

Un montant auquel il faut déjà ajouter le coût de la crise pour l'année 2021, en ce début du mois de mars. Une somme de 314 millions a déjà été engagée pour soutenir différents secteurs et une baisse de recettes de 225 millions est actée (600 millions en 2020). Pour l'heure, le gouvernement wallon, via son ministre du Budget, Jean-Luc Crucke (MR), s'est constitué une réserve de près de 300 millions. "La crise n'est pas finie, nous avons toujours dit que nous serions solidaires avec les secteurs touchés", explique le ministre. Précisons aussi que le coût de la vaccination, compétence régionale, est bien évidemment pris en charge par la Wallonie pour ce qui concerne son territoire. À ce jour, une enveloppe de 200 millions y a été consacrée.
Au niveau des dépenses Covid en 2020, deux tiers des montants engagés par le gouvernement ont permis de soutenir l'économie wallonne. Le dernier tiers des dépenses concerne la santé et le soutien à d'autres secteurs (emplois, action sociale, pouvoirs locaux, environnement, énergie, etc.). "Sur base des chiffres provisoires communiqués par les différentes Régions, on voit que la Wallonie a fourni un effort important par rapport à la taille de son budget et de ses moyens", explique le ministre Crucke. Un effort proportionnellement plus important que la Flandre et un petit peu plus important que celui réalisé par Bruxelles.
Toutes ces dépenses en hausse et ces recettes en baisse génèrent un déficit. Un déficit qui vient alourdir encore la dette de la Wallonie. Mais Jean-Luc Crucke reste très confiant, les emprunts réalisés pour la financer sont bons. "Notre dette reste une dette publique. Le problème n'est pas la dette mais sa supportabilité. Elle est maîtrisée et maîtrisable. D'ailleurs nous avons veillé à ce que cette dette puisse se négocier pendant 25 ans à taux très bas." Et Jean-Luc Crucke d'expliquer qu'en 2010, lorsque la Région empruntait 1,5 milliard, sa charge d'intérêts était de 48 millions d'euros. "En 2020, la charge d'intérêts pour 5 milliards empruntés s'élève à 43 millions d'euros. Suite à la baisse des taux d'intérêt, le coût de la charge en 2020 est donc moins élevé alors que le montant emprunté est trois fois supérieur."
Dégager de nouveaux moyens via BBZ
Et pour éviter que la dette s'envole et que la Wallonie soit un jour contrainte de la faire payer aux citoyens par de nouvelles recettes, le gouvernement a mis en place une commission de la dette publique chargée de la surveiller. Par ailleurs, avec son fameux budget base zéro (BBZ) qui vise à mettre à plat l'ensemble des finances de la Wallonie et de ses différentes structures, le gouvernement devrait récupérer des moyens financiers. "Il est évident, par contre, que si demain les taux d'intérêt remontent, si la croissance n'est pas au rendez-vous et si l'inflation explose, nous serons dans une situation différente. Mais pour l'heure, rien ne permet de penser que l'on se dirige vers une telle situation."
Le ministre wallon du Budget l'assure donc, "le poids de la dette ne va pas perturber les nouveaux besoins de la Wallonie, notamment par rapport au défi climatique". Les moyens budgétaires devraient lui permettre de financer son plan de relance "Get up Wallonia" (qui devrait être présenté dans quelques semaines) et de tenir la plupart des engagements pris dans la déclaration de politique régionale signée entre les partenaires de la majorité (PS-MR-Écolo) en septembre 2019. C'est du moins le discours rassurant que les ministres wallons veulent faire passer.