En 2026, un "miracle" boursier récompensera les plus patients
Une chronique signée par le financier américain Ken Fisher, fondateur de Fisher Investment.
- Publié le 09-02-2026 à 08h29
- Mis à jour le 10-02-2026 à 14h42

Devinette : Qu'est-ce qui, en 2026, se poursuivra tout en s'estompant ? Réponse : le marché haussier actuel.
Après une envolée qui a surpris presque tout le monde en 2025, le marché haussier devrait se poursuivre, mais avec des gains moins importants. L'année sera chahutée et les obstacles politiques initiaux s'avéreront finalement porteurs. Les bénéfices mondiaux dépasseront probablement la moyenne à long terme des actions (10 %), sans toutefois atteindre la moyenne des marchés haussiers (plus de 22 %). Les actions non américaines devraient mener la danse.
Diversification mondiale
Début 2025, j'affirmais que le pessimisme ouvrait la voie à de belles surprises et à une poursuite du marché haussier, avec l'Europe en tête. Et j'avais raison ! Les actions européennes ont grimpé de 19 %. Les titres américains sont restés à la traîne (+ 3 % seulement), en raison de la vigueur de l'euro, limitant la progression mondiale à 7 %. Mais ne vous cantonnez pas à une exposition locale. La diversification mondiale est essentielle.
Pour beaucoup, l'effervescence entourant la tech américaine et l'IA masquait une faiblesse généralisée. Mais c'est faux ! Cinq des "Sept Magnifiques" américains sont restés en retrait du S & P 500, qui a sous-performé le marché mondial ! Des marchés non technologiques, comme l'Italie, l'Autriche et l'Espagne, se sont envolés. Les bons vieux secteurs des banques et de l'industrie en Europe ont bondi de 75 % et 25 % respectivement !"
"Les deux issues les plus probables sont donc les suivantes : les actions vont chuter... ou enregistrer des gains de plus de 10 %"Les deux issues les plus probables sont donc les suivantes : les actions vont chuter... ou enregistrer des gains de plus de 10 %"
Et cette année ? Sur les 73 prévisions professionnelles que nous suivons, seules quatre entrevoient une baisse des actions américaines de plus de 1 % en 2026 (en dollars). Peu sont véritablement pessimistes. Elles se situent pour la plupart aux alentours de la médiane (9,6 %). Pas d'excès d'optimisme non plus.
Quid de l'Europe ? Les prévisions pour l'Euro Stoxx 50 s'en tiennent à une médiane de 7,1 %. Le niveau le plus élevé que j'ai observé n'est que de 10,5 % ! Une fois de plus, le pessimisme ambiant favorise l'Europe.
Le consensus ne se réalise jamais car il est déjà intégré dans les cours. Les deux issues les plus probables sont donc les suivantes : les actions vont chuter… ou enregistrer des gains de plus de 10 %. Les fondamentaux pointent vers le second scénario. La courbe de taux mondiale que je décrivais en juillet est pentue, alimentant la croissance des prêts. Dans la zone euro, cette dernière est proche de sommets inédits depuis trois ans. Aux États-Unis, elle a doublé par rapport aux taux enregistrés il y a un an.
Peurs éculées
Les nouveaux prêts stimulent la croissance. Pourtant, les économistes s'inquiètent de peurs éculées, comme les droits de douane et l'inflation, tablant sur une croissance américaine atone, et pire encore à l'étranger. Pour beaucoup, la croissance européenne repose uniquement sur la relance en Allemagne. Les prévisions moroses sont faciles à surpasser. Et c'est là un facteur de marché haussier !
Côté politique ? Malgré le raffut entourant le Groenland, 2026 sera calme en dehors des États-Unis. Le budget pourrait avoir raison du gouvernement français. Mais c'est un élément connu, qui n'a donc plus le pouvoir de choquer. Les élections anticipées du 8 février au Japon renforcent l'incertitude, qui laissera toutefois vite place à la clarté.
Les mesures législatives d'ampleur renforcent l'incertitude et le risque, ce qui pénalise les actions. Les élections de mi-mandat, elles, neutralisent ce risque, permettant aux actions de décoller.
Les élections de mi-mandat prévues aux États-Unis en novembre auront un certain impact. Les déclarations de campagne virulentes alimenteront d'abord les craintes, entraînant une évolution latérale des actions. Mais le parti présidentiel perd souvent des sièges lors du scrutin de mi-mandat, ce qui renforce la paralysie politique. Les actions en raffolent. Pourquoi cela ? Les mesures législatives d'ampleur renforcent l'incertitude et le risque, ce qui pénalise les actions. Les élections de mi-mandat, elles, neutralisent ce risque, permettant aux actions de décoller. Les biais des observateurs les empêchent souvent d'identifier ce phénomène récurrent que j'ai baptisé le "Miracle de mi-mandat" dans cette chronique il y a quatre ans.
Les actions américaines ont crû alors de 84 % durant le T4 des années de mi-mandat, et dans 88 % des cas pour chacun des deux trimestres suivants. Cette évolution s'étend aux marchés mondiaux, fortement corrélés, donnant naissance à une reprise généralisée.
La géopolitique, l'incertitude quant aux orientations du nouveau président de la Fed et les caprices du président Trump pourraient alimenter la volatilité, avec un risque de correction comme celle d'avril dernier. Mais l'année 2026 appelle à un positionnement haussier tout en patience.

