Meta lance son abonnement payant pour son casque VR : pourquoi est-ce un aveu de faiblesse pour Mark Zuckerberg ?
Avec des chiffres en perte depuis 2 trimestres pour son unité de réalité virtuelle, Meta veut renflouer ses caisses avec son service "Meta Quest +".

- Publié le 27-06-2023 à 18h55
- Mis à jour le 27-06-2023 à 18h57

Quelques mois après le lancement de son abonnement payant pour authentifier son compte sur Facebook et Instagram, Meta introduit une nouvelle offre pour les utilisateurs de ses casques virtuels : le "Meta Quest +". Pour 7,99 dollars par mois, ou 59,99 dollars pour un an, environ deux jeux supplémentaires seront accessibles tous les mois avec le Quest 2, Quest Pro mais aussi le futur Quest 3, qui sera disponible à partir de l'automne. "Cela combinera les plus gros jeux à succès, les pépites cachées et les classiques de notre catalogue. C'est la manière la plus abordable d'étendre votre bibliothèque", a annoncé le groupe américain dans sa présentation.
Ce nouvel abonnement payant proposé n'est pas surprenant à la vue des derniers bilans comptables présentés par la société de Mark Zuckerberg. En effet, la maison-mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a connu une année relativement difficile en 2022, avec une baisse de ses revenus annuels à 116,61 milliards de dollars, soit une chute de 1 % par rapport à l'année précédente. C'est la première fois que Meta voit ses revenus diminuer depuis 2012, quand l'entreprise est entrée en Bourse.
Sa section réalité virtuelle ne se porte pas mieux puisque la "Reality Labs" ; l'unité commerciale et de recherche de Meta en charge de la VR et de la réalité augmentée, connaît une perte d'exploitation de 13,72 milliards de dollars en 2022. L'unité n'est donc clairement pas rentable pour l'entreprise, et cela s'explique. En 2 ans, le géant californien a dépensé plus de 21 milliards de dollars dans des technologies de réalité virtuelle et augmentée.
Je me suis trompé, et j'en assume la responsabilité.
Un investissement voulu par Mark Zuckerberg, qui croyait dur comme fer au développement de son Metavers. En mars 2023, il a reconnu une erreur. "Au début du Covid, le monde s'est rapidement mis en ligne et la poussée du commerce électronique a entraîné une croissance démesurée des revenus. De nombreuses personnes ont prédit qu'il s'agirait d'une accélération permanente qui se poursuivrait même après la fin de la pandémie. J'ai donc pris la décision d'augmenter considérablement nos investissements. Malheureusement, cela ne s'est pas passé comme je l'avais prévu. Non seulement le commerce en ligne est revenu aux tendances antérieures, mais le ralentissement macroéconomique, l'intensification de la concurrence et la perte du signal publicitaire ont fait que nos revenus ont été bien inférieurs à ce que j'avais prévu. Je me suis trompé, et j'en assume la responsabilité."
Apple complique la tâche
Si le patron de Meta n'avait pas pu correctement anticiper les changements d'habitudes des consommateurs suite aux crises successives, la concurrence sur le marché enfonce encore un peu plus le clou.
Avec des prix relativement bas pour le marché, généralement en dessous de 1000 euros, Meta fait partie des sociétés bon marché dans le secteur des casques virtuels. Son prochain modèle, le Quest 3, sera d'ailleurs vendu avec un prix de base à 569,99 euros. Un montant bien en dessous de son concurrent direct, Apple. Ce dernier a présenté il y a quelques semaines son casque "Vision Pro", dont le tarif sera de 3 500 dollars aux États-Unis et qui pourrait dépasser les 4 000 euros en Europe.
Pour le célèbre journaliste du média économique Bloomberg Mark Gurman, soutenus par de plusieurs analystes, nombreux sont les employés de la compagnie qui pensent que le lancement du casque d'Apple sera un flop commercial. Mais la société à la pomme possède un avantage certain : sa portée. Les produits proposés par Tim Cook sont généralement proposés pour un large public, à l'image du Vision Pro. En effet, ce casque, disponible pour début 2024, s'oriente plus vers un "ordinateur spatial", où la réalité est mélangée aux applications sans avoir particulièrement besoin d'une manette. Un outil pour un usage de la vie quotidienne donc tandis que les Meta Quest visent, quant à eux, un public de gamers, plus restreint.

L'IA comme alternative
Mais malgré les difficultés, Mark Zuckerberg ne compte pas baisser les bras et a décidé de rebondir en investissant massivement dans l'intelligence artificielle, surfant sur l'engouement de ChatGPT et autres agents conversationnels. Le 9 mai dernier, le patron de Meta a d'ailleurs présenté un tout nouveau modèle d'IA : ImageBind. "Un nouveau modèle d'IA qui combine différents sens, tout comme les gens le font", résume le fondateur de Facebook. L'IA est ici capable de lier des informations provenant de six modalités différentes : des données textuelles, visuelles, audios, de mouvement, thermiques et de profondeur.
Un léger changement de cap donc pour Meta, qui semble tenter le tout pour le tout pour inverser la tendance dans les chiffres de sa section recherche et développement dans l'IA et la réalité virtuelle.