"Dans les économies développées, 60 % des emplois pourraient être impactés par l'IA": un constat alarmant du FMI ?
Selon l'étude, des régions du monde seront plus impactées que d'autres.

- Publié le 15-01-2024 à 18h01
- Mis à jour le 16-01-2024 à 15h07

Le monde du travail se trouve à la croisée des chemins avec la montée en puissance de l'intelligence artificielle (IA), un phénomène qui pourrait impacter près de 40 % des emplois à l'échelle mondiale. Cette révélation, issue d'une étude du Fonds monétaire international (FMI), souligne une tendance potentiellement inquiétante : l'aggravation des inégalités. C'est Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, qui a récemment mis en lumière cette problématique. "Dans la plupart des scénarios, l'IA aggravera probablement les inégalités globales, une tendance inquiétante à laquelle les décideurs politiques doivent s'attaquer de manière proactive pour empêcher que la technologie n'attise davantage les tensions sociales", a-t-elle écrit avant la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, où l'IA devrait être un sujet majeur.
Selon elle, les répercussions de l'IA seront probablement plus prononcées dans les économies avancées que dans les marchés émergents. Cela s'explique en partie par le fait que certains emplois comme ceux des téléconseillers, sont perçus comme étant plus à risque que les emplois manuels.
Les pays développés plus impactés
"Dans les économies développées, jusqu'à 60 % des emplois pourraient être touchés par l'IA", précise la présidente du FMI, avec environ la moitié pouvant bénéficier de l'accroissement de productivité apporté par l'IA (comme les avocats et les juges). "Pour l'autre moitié, les applications d'IA peuvent exécuter des tâches clés actuellement effectuées par des humains, ce qui pourrait réduire la demande de main-d'œuvre, entraînant une baisse des salaires et une réduction des embauches", explique l'administratrice du FMI. Elle ajoute qu'en cas extrême, certains emplois pourraient même disparaître.
Dans les marchés émergents (Inde, Brésil) et les pays à faible revenu (Burundi, Sierra Leone), respectivement 40 % et 26 % des emplois seraient affectés par l'IA. Ces régions risquent d'être encore plus désavantagées en raison de l'absence d'infrastructure et de main-d'œuvre qualifiée nécessaire pour exploiter pleinement les bénéfices de l'IA.
"Profiter à l'humanité"
Cependant, l'IA n'est pas seulement synonyme de challenge. Certaines entreprises technologiques comme Microsoft, Google ou encore Samsung, ont déjà commencé à remodeler leurs effectifs en citant l'IA comme un facteur clé. De plus, l'adoption généralisée de l'IA pourrait, selon une estimation d'avril 2023 des économistes de Goldman Sachs, augmenter le PIB mondial de 7 % par an sur une décennie, traduisant une hausse de la productivité du travail.
Kristalina Georgieva souhaite malgré tout ajouter une note positive à l'étude. Si elle reconnaît les défis posés par l'IA, elle met également en lumière les opportunités qu'elle offre pour accroître la production et les revenus à l'échelle mondiale. "L'IA va transformer l'économie mondiale. Assurons-nous que cela profite à l'humanité", conclut-elle.