Au moins 270 organisations belges victimes d'une cyberattaque toujours en cours
Au moins 270 organisations belges ont été touchées par une cyberattaque russe menée en février contre le fabricant de pare-feu (dispositif qui protège un système informatique connecté à Internet des tentatives d'intrusion) Fortinet, a alerté lundi soir la société belge de cybersécurité Secutec.

- Publié le 23-06-2026 à 07h30

Administrations locales, cabinets d'avocats ou encore établissements scolaires sont victimes de cette infiltration, qui se poursuit encore à l'heure actuelle.
L'opération, liée à un groupe russe, "se distingue par un niveau d'organisation, de coordination et une ampleur sans précédent", s'inquiète Secutec, qui a évalué l'impact en Belgique de cet incident mondial en collaboration avec le spécialiste de surveillance du dark web SOCRadar. Concrètement, l'attaque exploite le portail partenaires de la société de cybersécurité Fortinet, via lequel les prestataires de services informatiques accèdent aux environnements de leurs clients. Les pirates informatiques se sont ainsi emparés des identifiants de connexion de dizaines de milliers de partenaires, leur permettant d'accéder non pas à une seule organisation, mais à l'ensemble d'une chaîne de réseaux clients. "C'est la raison pour laquelle l'impact s'étend simultanément à plusieurs secteurs et pourquoi des organisations de plus petite taille ont également été touchées", explique Secutec.
Les hackers ont obtenu leur accès par des attaques de type "brute force", qui consistent à tester automatiquement de grandes quantités de combinaisons de noms d'utilisateur et de mots de passe. Ensuite, ils ont installé une sorte de logiciel-espion. L'objectif est d'exfiltrer des informations sensibles pour ensuite extorquer de l'argent aux organismes touchés ou revendre leurs données sur le dark web. "Plusieurs organisations à travers le monde ont déjà subi d'importantes opérations d'exfiltration de données", selon le CEO de Secutec, Geert Baudewijns.
D'après l'entreprise basée en province d'Anvers, 110 pare-feu des 270 organisations belges touchées demeurent encore aujourd'hui accessibles via Internet au moyen des identifiants interceptés. En outre, les pirates ont eux-mêmes créé de nouveaux comptes dans au moins 45 systèmes afin de maintenir leur accès à ces systèmes. Ces accès sont préparés en vue d'une revente sur le dark web (une partie d'Internet qui n'est pas référencée par les moteurs de recherche comme Google), estime Secutec.
Ce cyberincident, baptisé "FortiBleed", est considéré comme l'un des plus importants jamais survenus chez un fournisseur de solutions de sécurité, relève l'entreprise belge. Plus de 110 millions d'identifiants d'accès ont été interceptés, compromettant plus de 75.000 pare-feu. L'attaque est toujours en cours, ce qui signifie que de nouveaux systèmes sont infiltrés chaque jour.
Le Centre pour la cybersécurité belge (CCB), notamment, a été prévenu. Secutec et SOCRadar pressent les organisations utilisant des solutions Fortinet de mettre à jour leurs systèmes, d'activer l'authentification multifacteur et de contrôler les accès ainsi que les comptes utilisateurs. "Un seul maillon faible peut donner accès simultanément à des centaines d'organisations", prévient Secutec.