La GSMA, qui représente les intérêts des opérateurs mobiles, souhaite que les enchères sur la 5G en Belgique soient exécutées au plus vite. "L'organisation des enchères pour le spectre multibande est capitale pour permettre le lancement de la 5G au coeur de l'Europe", avance le lobby dans un communiqué adressé à Petra De Sutter (Groen), ministre des Télécommunications. "Pour les opérateurs mobiles, acquérir les droits et mettre en place le réseau 5G, cela va exiger d'importants investissements. Ils ne seront donc possibles que lorsqu'assez de garanties seront disponibles sur le plan légal en ce qui concerne l'attribution des licences."

Les enchères pour se partager le spectre de la technologie 5G sont actuellement prévues "au plus tôt fin 2021, début 2022". En retardant leur lancement, les pouvoirs publics espèrent attirer davantage de candidats, faire jouer la concurrence et potentiellement faire ainsi monter les prix. Une tactique qui n'est pas au goût de la GSMA. Elle précise que "l'arrivée de nouveaux entrants ne mène pas à une compétitivité efficace ou à un marché plus durable, mais conduit plutôt à des distorsions et une utilisation inefficace des ressources". Elle met aussi en avant des risques de hausse des coûts et de ralentissement du déploiement.

Recours juridiques possibles

Le représentant du secteur télécom n'hésite d'ailleurs pas à insinuer que des recours juridiques ne sont pas à exclure. Il cite l'article 52 du code des communications électroniques européen (CCEE). Il précise que l'arrivée de nouveaux entrants est soumise à des règles, et doit notamment être motivée en cas de manque de concurrence sur la base d'analyses. La transposition de ce code dans la loi belge ouvre donc la voie à des recours, selon la GSMA.

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Du côté de la ministre De Sutter, on rappelle que le dossier 5G aura été un dossier prioritaire dès sa mise en place. "Après à peine 3 mois, un accord avait déjà été trouvé au niveau fédéral. Ceci alors que le dossier n’avançait pas depuis plusieurs années sous les précédentes législatures. L’Etat fédéral et les régions ne pouvant se mettre d'accord sur les recettes", explique le porte-parole de la ministre qui affirme que "ce que la GSMA prétend n'est pas correct."