Wiltz, un très puissant fief d'Arlon
- Publié le 08-09-2006 à 00h00
Nous voici à une vingtaine de kilomètres à l'est de Bastogne. Wiltz est une ville charmante, bien reconstruite après les désastres de 1944-1945, située à l'ouest du grand-duché de Luxembourg. Il est l'un des vingt-sept châteaux inclus dans ce que l'on nomme par là-bas le "Oesling". Les châteaux primitifs se trouvaient jadis dans la ville basse; l'actuel est posé dans la ville haute. En 1388, les troupes françaises mirent le feu à la totalité de Wiltz. Vers 1400, le comte de Nassau rasa ce qui avait été relevé. Ensuite, sur ordre du duc de Bourgogne, en 1453, le gouverneur du Luxembourg, un Cro, mit la ville en pièces.
La puissance d'Arlon
Les seigneurs de Wiltz, partie de la maison d'Arlon, remonteraient à la fin du onzième siècle quand d'autres auteurs signalent la date de 1256. Les Wiltz étaient placés sous la suzeraineté des Arlonnais. Arlon était un comté presque aussi puissant que celui de Chiny et ce, depuis le XIe siècle. En 1082, ce comté d'Arlon fut, par mariage, associé au duché de Limbourg. En 1221, Arlon devint un marquisat. En 1354, ce dernier fut intégré au duché de Luxembourg. Suite aux luttes pour la succession au sein de la maison de Limbourg, les seigneurs de Wiltz s'allièrent à Henri VI, comte de Worringen, contre les ducs de Brabant (1288). En 1437, Godart IV de Wiltz confirma les privilèges de sa ville et c'est alors, semble-t-il, que la dépendance vis-à-vis d'Arlon prit fin. Les sires de Wiltz furent élevés au rang de barons en 1598. Jean V, baron de Wiltz et de Buzy, était coseigneur de Clervaux, conseiller du roi d'Espagne, capitaine et prévôt de Thionville. Son fils Jean VI (1607-1648), fait comte en 1629, fut nommé gouverneur du duché de Limbourg en 1640. En 1656, sa nièce Marie-Marguerite de Wiltz, bientôt dernière de son nom, épousa le comte français Christophe de Custine, baron d'Auflance. Après la mort de son oncle et de ses deux frères, elle prit la succession du comté. A cette époque, les sires de Wiltz étaient suzerains de 64 fiefs nobles. Le dernier comte de Wiltz, Théodore de Custine, quitta la ville en 1793 avant l'arrivée des troupes révolutionnaires françaises et il mourut à Bamberg en 1799. Tous ses biens furent confisqués au titre de biens nationaux et mis aux enchères publiques. En 1801, les descendants de la soeur du dernier comte, Marie-Thérèse de Custine, et son époux Innocent, comte de Vassinhac d'Imécourt, firent valoir leurs droits à l'héritage de leur oncle.
Maison de repos
Après être passés dans plusieurs mains privées pendant plus d'un siècle et avoir servi de pensionnat aux Soeurs de la doctrine chrétienne, les bâtiments du château furent acquis par l'Etat luxembourgeois en 1951. Il y installa une maison de retraite. C'est toujours cette fonction qui domine dans ce château complexe qui sert de cadre à différents festivals culturels durant la belle saison. Le château est chaulé et peint en blanc. Cela augmente son impression de hauteur. Le blanc est souligné par les apports d'une pierre crémeuse et poreuse, blonde ou foncée, trouvée dans les carrières locales. C'est sous le "règne" du comte Jean IV que le château fut construit tel qu'il apparaît aujourd'hui. Une pierre, datée de 1631, témoigne de cet aménagement. Mais la Guerre de Trente ans, entre autres, allait empêcher la poursuite des travaux. Ils ne prirent fin qu'en 1721.
L'entrée du château est défendue par un fossé et barrée par un porche carrossable. De part et d'autre, s'étirent les annexes en U, alors que la résidence est composée de deux éléments majeurs de deux niveaux et demi. Le demi était animé d'oeils de boeuf à plat. Les baies sont à linteaux et montants plats aux communs et chaînés dans la résidence.
Château de Wiltz - L-9516 - Tél. (+352).95.74.44 - Fax. (+352).95.75.56
E-mail siwiltz@pt.lu
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