L'Italie regrette l'auto-exclusion de la Grande-Bretagne
L'Italie aurait préféré un accord plus communautaire pour la réforme du fonctionnement de la zone euro trouvé vendredi à Bruxelles et regrette "l'auto-exclusion" de la Grande-Bretagne, a déclaré le chef du gouvernement italien Mario Monti à l'issue du sommet de Bruxelles.
- Publié le 09-12-2011 à 18h42
- Mis à jour le 09-12-2011 à 23h49

L'Italie aurait préféré un accord plus communautaire pour la réforme du fonctionnement de la zone euro trouvé vendredi à Bruxelles et regrette "l'auto-exclusion" de la Grande-Bretagne, a déclaré le chef du gouvernement italien Mario Monti à l'issue du sommet de Bruxelles. "La Grande-Bretagne s'est auto-exclue, et cela va avoir pour conséquence une perte d'influence dans le processus de prise de décision européen", a-t-il estimé au cours de sa conférence de presse.
"Personnellement cela me déplaît, car il est dans l'intérêt de l'Italie d'avoir des pays en mesure de contre-balancer l'influence de pays comme la France", a-t-il expliqué.
"Mais les conditions posée par (David) Cameron (le Premier ministre britannique) étaient inacceptables, même pour moi", a-t-il reconnu. Réunis depuis jeudi soir à Bruxelles pour un sommet de crise, les Européens se sont mis d'accord vendredi à l'aube pour renforcer la discipline budgétaire de la zone euro afin de tenter de sauver la monnaie unique, mais ont échoué à le faire à 27, pour cause de "clash" avec le Royaume-Uni, dont les exigences ont été jugées exorbitantes.
David Cameron a en effet réclamé que la City de Londres puisse être soustraite si nécessaire à la surveillance européenne du secteur financier.
L'accord sur la réforme du fonctionnement de la zone euro est intergouvernemental. Il implique ses 17 membres, et 9 des 10 Etats qui n'ont pas adopté l'euro.
Le chef du gouvernement italien, ancien commissaire européen, a regretté cette issue. "J'aurai préféré la méthode communautaire et une modification des traités à 27, mais cela n'a pas été possible", a-t-il confié.
L'accord impose une discipline de fer à ses signataires pour assainir leurs comptes publics et se mettre en règle avec les règles européennes en matière de déficit (3% du PIB) et d'endettement (60% du PIB).
Cela impose "des sacrifices importants et parfois très difficiles à l'Italie", dont la dette publique représente 120% de son PIB, a souligné M. Monti. "Mais il n'y a pas d'autre alternative que le désastre, et c'est cela qu'il faut expliquer", a-t-il affirmé.
L'autre volet de l'accord porte sur les pare-feux pour enrayer la contagion de la crise de la dette dans l'UE.
L'une des décisions importantes est l'abandon de la volonté d'impliquer le secteur privé. Une décision "qui a posé de gros problèmes", a souligné le chef du gouvernement italien, en faisant référence à l'accord entre la France et l'Allemagne, et imposé à leurs partenaires.
Le chef du gouvernement italien formule ses critiques assez sereinement, fort d'une autorité morale acquise du temps où il régnait en maître sur les affaires de concurrence à la Commission.
Il a annoncé une rencontre à trois avec la chancelière Angela Merkel et le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy "en janvier à Rome, à une date qui doit encore être précisée".
Mario Monti entend bien à cette occasion aborder des sujets qui fâchent les Allemands, comme les euro-obligations.
"Certains pays auraient voulu les tuer dans l'oeuf, mais ils sont là, de manière un peu cryptiques, au paragraphe 7 de la déclaration", a-t-il souligné. "Ils reviendront sur la table en mars 2012, avec le rapport sur les choses à faire pour l'intégration budgétaire", a-t-il annoncé.
