Sony dévoile… un bout de PlayStation 4

La PS4, confirmée, est restée cachée dans les coffres blindés de Sony. Mais la manette partiellement tactile, elle, est officielle… Analyse de la tardive conférence de presse de Sony, qui laisse sur sa faim.

Sony dévoile… un bout de PlayStation 4
©AFP
Alexis Carantonis

Il aura fallu veiller tard, pauvres Européens que nous sommes, pour au final n’en apercevoir ni le bout d’un mange disque, ni l’esquisse d’un croquis, ni le début d’une diode LED, ni le quart d’un port HDMI. La PS4 n’a pas été montrée ce matin très tôt, et ce même au bout de deux heures de conférence du géant nippon. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne sait rien de l’imminente bestiole, que du contraire… Petit tour d'horizon réalisé par la Dernière Heure.

Le futur que Sony avait promis de nous dévoiler courant de cette nuit, lors de son PlayStation Meeting New Yorkais, semble effectivement des plus alléchants. Déjà parce que la PlayStation 4 est, bel et bien, médiatiquement née cette nuit, sous ce nom, entre la sueur des journalistes du monde entier venus en mégamasse assister à l’accouchement d’un bébé qui ne nait que tous les six ans, les rythmiques musicales très fortes choisies par Sony, les lasers, les applaudissements, les démos techniques et les speeches téléguidés de développeurs venus marquer tout leur soutien à la nouvelle plate-forme.

Manette tactile et superconnectivité

Pour Andrew House de Sony, la PS4 est un « départ », la « nouvelle autorité en matière de jeu vidéo ». Pour Mark Cerny, l’architecte de la PS4 qui travaille sur le sujet depuis cinq ans déjà, elle va « changer la donne ». Ce qu’on a surtout vu de changeant, pour le coup, c’est la nouvelle manette, la Dualshock 4. Qui, comme pressenti, conserve les courbes de sa devancière tout en intégrant un pavé tactile central, un bouton share pour l’envoi de séquences vidéo courtes de jeu à son réseau d’amis et une barre lumineuse, communiquant avec la caméra de la PS4 façon PlayStation Move.

Confirmations également : la PS4 optera pour une interface revisitée, plus centrée que jamais sur l’interconnectivité entre joueurs et la personnalisation (le nouveau menu nous a vaguement fait songer aux tuiles de Windows 8). Petite révolution : on devrait pouvoir, désormais, via le cloud, passer virtuellement le pad à distance à un ami pour que, depuis son écran et sa console, il prenne le contrôle de notre séquence de jeu et nous débloque du niveau où l’on cafouille ! Et ce n’est que l’une des nombreuses fonctions interactives de la nouvelle console de salon. Que l’on pourra désormais mettre et sortir de veille instantanément, sans l’éteindre, en cliquant sur un seul bouton.

La fin des temps de chargement ?

Au niveau de sa structure technique, c’est en revenant au plus près de l’architecture d’un PC que la PS4 est bâtie. Sur le même socle, Sony déposera CPU et GPU (processeurs et processeurs graphiques, combinés). La manœuvre, par laquelle l’avenir des PC mais aussi celui de la future Xbox de Microsoft passera sans doute aussi, permet d’économiser beaucoup d’énergie pour un maximum de puissance. Les graphismes des jeux qu’on a pu voir tourner sont certes réhaussés par rapport à la PS3, mais on ne peut pour autant évoquer un gouffre immense avec la production actuelle. Même si, en dépit d’une qualité de retransmission vidéo de l’événement… aléatoire, on se gardera bien d’émettre un jugement ultime sur le rendu des titres montrés, on ne peut nier que certains effets de lumière de Killzone 4, la fluidité de Driverclub ou la nouvelle claque visuelle et d’ambiance infligée par Watch Dogs jous ont marqué, tout comme la démo technique du visage d’un vieillard plus vrai que nature, chez Quantic Dream. Mais plus que la surenchère graphique, la puissance de calcul de la PS4 (8 Go de RAM, comme le disait la rumeur) permettra, dixit Sony, de faire quasiment disparaître l’un des principaux obstacles à l’immersion : les temps de chargement. Ouf !

De son côté, la PS Vita, dernière portable vite et assez mal lancée par Sony, pourrait bien naître une deuxième fois, de manière plus heureuse, en même temps que la PlayStation 4. Tant mieux : sa puissance et son potentiel valent mieux que le rôle de plante verte vidéoludique à laquelle elle est confinée pour l’instant Elle ouvrira en effet la voie au tant promis cross play, c’est-à-dire la possibilité de lancer une partie sur la PS4 et de la finir sur la Vita. Elle fera aussi office de manette de jeu en tant que telle de la PS4, et de supertélécommande. Par ailleurs, la PS4 se pilotera aussi depuis un smartphone ou une tablette, via une app dédiée.

Enfin, c’était un secret de polichinelle : Gaikai, géant du jeu vidéo dématérialisé en streaming que Sony a chèrement racheté l’an dernier, sera partie intégrante du Playstation Network. Le cloud, autour duquel le PSN bâtira une grande partie de sa structure, permettra de lancer des démos « instantanément », sans avoir besoin de les télécharger.

Niveaux annonces de nouveautés, retenez essentiellement que Diablo III arrive sur PlayStation, de même qu’un nouvel Infamous, un nouveau Final Fantasy, Knack et un jeu Capcom bigrement prometteur, temporairement intitulé Deep Down.

Notre avis

En nous quittant lâchement sur la date de sortie du joujou, annoncé à fin 2013 (sans spécifications géographiques…), sans tarif, ni fourchette, ni rateau (on restera donc sur une estimation flirtant avec les 350-400 €), Sony aura quelque peu laissé sur sa faim. Le contrat est néanmoins rempli : les développeurs, avec qui Sony a eu bien du grain à moudre quant aux difficultés éprouvées par ceux-ci pour créer des jeux sur les complexes infrastructures des PS2 et PS3, ont été flattés tandis que le grand public est accroché avec l’argument connectivité indubitable de la Playstation 4. Les gamers repartent un peu bredouille, mais l’E3 de juin leur réserve, sans doute, ce qu’ils attendent. En espérant y voir, cette fois, un exemplaire de la machine, faille n° 1 de l’annonce de ce matin. Les regards sont désormais tournés vers Microsoft, qui a laissé Sony prendre la main, mais annoncera, en 2013 également, sa nouvelle Xbox (nom de code : Durango), qui relèvera la 360 de ses fonctions. Il s’est vendu 78 millions de PS3 dans le monde, pour... 76 millions de 360. Consoles Wars, l'Empire contre attaque.


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