Aéroport de Bruxelles : une reprise partielle bloquée
Brussels Airport est prêt sur le plan opérationnel. Mais la police aéroportuaire cale.
- Publié le 01-04-2016 à 08h45
- Mis à jour le 01-04-2016 à 08h48

Brussels Airport est prêt sur le plan opérationnel. La police aéroportuaire met la pression.
L'ensemble des équipes de l'aéroport de Bruxelles-National reprenaient un peu espoir hier après-midi après le cauchemar né des attentats perpétrés le 22 mars dernier dans le hall de départ de l'infrastructure aéroportuaire.
1 Concrètement, quand reprendront les vols à Zaventem ? Une certitude d'abord : il ne devrait y avoir aucun vol ce vendredi. Une reprise partielle des vols se profile pourtant enfin à l'horizon. Hier, Brussels Airport a fait savoir qu'elle était "prête d'un point de vue opérationnel pour redémarrer les vols passagers". Pour rappel, Brussels Airport avait réalisé mardi un test grandeur nature pour savoir si les infrastructures temporaires - localisées au niveau du rez-de-chaussée du Connector et destinées à réaliser l'enregistrement des passagers et de leurs bagages - répondaient aux exigences de sécurité et opérationnelles. Les conclusions de ce test ont été disséquées par les services des pompiers, la Direction générale du transport aérien (DGTA), la police fédérale et la Défense. Hier, après-midi, le feu est passé au vert pour une reprise des activités. En attendant l'aval du gouvernement fédéral. Mais la police aéroportuaire décidait dans la foulée de ne pas reprendre le travail, exigeant des mesures de sécurité supplémentaires au sein de l'aéroport. Dans la soirée, l'agence Belga rapportait pourtant qu'une proposition"importante" avait été faite aux syndicats avec la mobilisation de 200 personnes supplémentaires qui seront principalement chargées du screening à l'aéroport. En outre, un screening préalable de toutes les personnes travaillant à Brussels Airport, y compris les fournisseurs, serait effectué. Ces propositions ont été unanimement rejetées par les syndicats, le document ne répondant pas à leur demande principale : la mise en place d'un contrôle systématique de toute personne pénétrant dans les bâtiments de l'aéroport.
2 Quelle capacité d'accueil ? En cas de reprise, la capacité d'accueil initiale restera très limitée. On parle d'environ 20 % de la capacité normale de l'aéroport, soit 800 passagers par heure contre 5 000 en temps normal. Mais même en cas de redémarrage des vols ce week-end à Zaventem, les passagers sont tenus de se renseigner auprès de leur compagnie et de l'aéroport (brusselsairport2203.be). Car les compagnies clientes de Brussels Airport continueront pendant plusieurs jours encore à devoir opérer une partie de leurs vols au départ des aéroports régionaux de Liège, Charleroi ou Ostende. Dès hier, Ryanair a ainsi annoncé que tous ses vols, prévus au départ et à l'arrivée de Bruxelles Airport jusqu'au 7 avril inclus, vont continuer d'être opérés depuis Brussels South Charleroi Airport (BSCA). Jetairfly et Thomas Cook continueront aussi à opérer la semaine prochaine au départ des aéroports régionaux. La compagnie Brussels Airlines disait vendredi "avoir un plan et être prête à redémarrer depuis Bruxelles" dès que cela sera possible, tout en insistant sur le fait que le re-transfert de tous ses vols vers l'aéroport national ne se fera pas du jour au lendemain. "Tout dépendra de la capacité mis à notre disposition. La situation actuelle est loin d'être idéale pour nos passagers et la priorité sera donnée à un retour dès que possible de l'ensemble de nos opérations à Bruxelles mais nous ne voulons pas ajouter de la confusion supplémentaire car il nous faudra un laps de temps pour prévenir nos passagers" , nous expliquait hier une porte-parole de Brussels Airlines. Pour ceux qui seront les premiers à atterrir à Zaventem, pas de changements notables, les infrastructures à l'arrivée ayant été peu endommagées par les attentats de la semaine dernière.
3 Quand l'aéroport sera-t-il à nouveau 100 % opérationnel ? Difficile de répondre avec précision à cette question. Arnaud Feist, le patron de l'aéroport, a parlé récemment de"plusieurs mois", tant les dégâts sont conséquents dans le hall de départ. Après l'enquête judiciaire sur le lieu de l'attentat, les travaux de rénovation ont commencé. Une course contre la montre est engagée. Car même si l'aéroport est en principe assuré contre les risques terroristes, l'impact sur l'aéroport, fermé depuis dix jours, sera énorme et durable dans le temps.
