Pourquoi Disney se retire de la course au rachat de Twitter
Le réseau social présenterait trop de handicaps pour le groupe.
- Publié le 07-10-2016 à 15h01
- Mis à jour le 07-10-2016 à 15h19

Selon plusieurs médias américains, le groupe Disney ne fera pas non plus d'offre pour le rachat de Twitter. Le site spécialisé "Recode" cite notamment plusieurs sources - confidentielles - selon lesquelles le géant du divertissement ne serait finalement pas intéressé par l'acquisition de la plate-forme de micro-blogging.
Le nom de Disney fut cité parmi les acheteurs potentiels de Twitter ces dernières semaines. Les dirigeants des deux groupes se connaissent : Jack Dorsey, cofondateur et CEO de Twitter, siège au conseil d'administration de Disney, dirigé par Robert Iger depuis 2005. Mais cette proximité ne suffit évidemment pas.
L'enjeu de la vidéo
Plus fondamentalement, Disney, géant du divertissement, est en quête de nouveaux moyens de diffusion directs vers les consommateurs. La vidéo en streaming en est un et Twitter cherche à en faire sa nouvelle clé de voûte. Ce qui explique pourquoi les dirigeants de Disney ont effectivement envisagé la question du rachat de Twitter la semaine dernière.
Mais plusieurs contre-arguments ont pu refroidir Iger et son entourage. Le modèle d'utilisation "ouvert" du réseau social Twitter ne correspond pas à celui "fermé" de Disney. On imagine mal Disney laisser ses contenus cohabiter avec d'autres sur le réseau social.
Enfin, quand bien même le groupe envisagerait cette acquisition comme un investissement, Twitter cumule aujourd'hui trop de points faibles - qui expliquent d'ailleurs sa disponibilité à la vente. Sa croissance est en berne, ses perspectives de développement limitées et les dérives de certains contenus - notamment haineux et racistes - posent de plus en plus souvent question. Le groupe Disney n'aime pas les polémiques et entretient une image policée, peu en phase avec les débordements que peinent à juguler les équipes de Twitter.
Le bilan Iger
Nommé PDG de Disney en 2005, Robert Iger a réalisé trois acquisitions historiques - Pixar, Marvel et LucasFilms. Entre 2006 et 2015, les revenus annuels du groupe ont plus que doublé, de 3,6 milliards de dollars à 8,4 milliards. Le cours de l'action Disney a quadruplé sur la même période. On imagine mal Iger, qui a annoncé qu'il se retirera en juin 2018, prendre le risque d'une acquisition moins fructueuse et potentiellement problématique qui viendrait ternir un bilan aussi remarquable.
