Pourquoi Visa se prépare à enterrer ses cartes de crédit
- Publié le 07-11-2018 à 08h59
- Mis à jour le 07-11-2018 à 17h35

Les consommateurs américains préfèrent payer avec leurs smartphones ou leurs montres connectées.Le groupe de paiement Visa, associé au site spécialisé PYMNTS.com, a réalisé une étude sur les tendances du secteur. L'étude cible les consommateurs américains, mais elle préfigure sans doute les évolutions que nous serons appelés à connaître en Europe. Les auteurs de l'étude ont interrogé 2 800 personnes (de 18 ans et plus) en juillet dernier à propos de leur utilisation de machines connectées, de leurs habitudes de paiement, de leur manière de faire du shopping… L'étude montre que sur une durée d'une semaine, plus de la moitié des consommateurs interrogés avaient effectué un achat en ligne dans différents environnements, épiceries, magasins de vêtements, etc.
La justification ? Gagner du temps et éliminer le temps perdu aux caisses pour effectuer les paiements dans le monde du commerce physique. Pour effectuer ce genre d'achats, 27 % des consommateurs en ligne ont utilisé… des enceintes connectées en dictant leurs commandes, notamment pour acheter des produits alimentaires (5 %) ou se faire livrer des plats préparés (4 %). En 2017, ils n'étaient que 14 % à utiliser les enceintes connectées pour ce faire.
Qui sont ces consommateurs hyperconnectés ? Des gamins, les millennials ? Non, selon l'étude, les groupes de 30 à 40 ans (bridge millennials) et les 40-50 ans (génération X), ont surpassé les plus jeunes à ce niveau, disposant de six appareils connectés ou plus. Ce segment est dominé par les femmes hyperconnectées (57 %), et pas par les hommes (43 %).
On préfère les paiements sans contact
Dans le commerce physique, l'étude relève que les consommateurs apprécient les paiements effectués avec leurs appareils connectés, smartphones ou montres. Ils sont 77 % à y trouver un gain de temps et 74 % à considérer qu'il y a là un "plus" en termes de qualité de vie, essentiellement lorsqu'il s'agit de régler des achats de carburant, de payer des places de parking, ou d'acheter des vêtements. Les paiements sans contact ont donc le vent en poupe, qu'ils soient effectués avec une montre, un smartphone ou une carte spéciale, alors que le passage de la carte de paiement dans un lecteur est clairement considéré comme un système dépassé. Deux tiers des répondants assurent être familiarisés avec le logo qui indique aux caisses la possibilité de payer sans contact.
Ils restent toutefois de plus en plus nombreux à se dire attentifs aux risques techniques liés à ces nouveaux outils de paiement. En regard de ces nouvelles habitudes qui semblent enterrer à terme les cartes de crédit ou de débit classiques - baptisées plastic money aux États-Unis, le cash est aussi en perte de vitesse. L'étude montre en effet que près de la moitié des répondants n'ont plus en poche que de 10 à 50 dollars, alors que 20 % n'emportent sur eux que moins de 10 dollars, typiquement pour payer les pourboires et les menues dépenses. Enfin, question subsidiaire de l'étude, 70 % des personnes interrogées souhaiteraient recevoir leur salaire sur une base hebdomadaire ou même au jour le jour, ce qui leur permettrait de mieux gérer leurs liquidités (53 %) ou de payer plus aisément leurs dépenses (53 %).
