Relever le taux d'emploi en Wallonie ? "Pas le bon critère", selon l'UWE…

- Publié le 12-09-2019 à 06h32

La création nette d'emplois devrait être le critère à suivre par l'exécutif wallon, selon l'Union wallonne des entreprises.Alors qu'elle se réjouit de l'existence d'un accord de gouvernement pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'Union des classes moyennes (UCM) pointe cependant le "brouillard budgétaire" qui entoure l'accord. Même constat du côté de l'Union wallonne des entreprises (UWE), même si un point plus précis cristallise toute leur l'attention : l'emploi.
Dans la déclaration de politique régionale (DPR), l'emploi trouve une place à part, ambitieuse : l'arc-en-ciel promet d'augmenter de 5 % le taux d'emploi (c'est-à-dire le rapport entre la population active occupée et la population en âge de travailler), le faisant passer de 63 à 68 % au cours de la législature. Ce n'est pas rien, évidemment, mais c'est encore loin de l'objectif européen (70 % en 2020 en moyenne dans les États membres) et de la situation en Flandre, où le taux d'emploi a d'ores et déjà franchi la barre des 70 %. "C'est malgré tout ambitieux", relève Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l'Union wallonne des entreprises (UWE), "car c'est le double de ce qui a été réalisé durant la législature précédente. À savoir + 0,5 % par an. Cela étant, deux remarques importantes doivent être faites."
En 5 ans, 90 000 nouveaux emplois
La première remarque, c'est que le taux d'emploi n'est pas un critère adéquat pour relancer le cercle vertueux de l'activité en Wallonie. "Le critère de la création nette d'emplois est beaucoup plus pertinent. Pourquoi ? Tout simplement parce que la génération du baby-boom continue de quitter massivement le marché et que parallèlement, on va assister bientôt à une baisse du nombre de jeunes entrants sur le marché du travail. Dès 2022, la population en âge de travailler va donc diminuer, ce qui va automatiquement relever le taux d'emploi. C'est pour cette raison que nous disons que la création nette d'emplois est beaucoup plus pertinente. Nous avons fait le calcul, et pour tenir l'ambition de l'attelage arc-en-ciel, il faudrait créer 90 000 emplois. Soit 18 000 emplois nets créés chaque année, ce qui est presque le double aussi de ce qui a été créé durant la législature précédente", poursuit le patron de l'UWE.
Olivier de Wasseige émet une deuxième remarque, tout aussi fondamentale : dans la DPR, rien, selon lui, ne transparaît réellement sur la manière dont l'exécutif compte doper l'emploi. "Il y a quelques mois, on avait précisément beaucoup insisté sur ce point dans notre étude annuelle, en expliquant que les conditions de création d'emploi devaient être précisées." La formation en alternance, l'accent à mettre sur les métiers en pénurie (il y en a plus de 100 en Wallonie, "alors qu'il y a encore plus de 25 000 emplois vacants", peste Olivier de Wasseige), une réforme du Forem, etc., sont quelques-unes des pistes concrètes que l'UWE aurait bien voulu voir figurer dans la déclaration de politique régionale.F.M.
