En Belgique, des voitures électriques sont produites dans des usines certifiées "CO2 neutral"
Audi Forest à la pointe: les voitures électriques sont construites dans une usine "CO2 neutral". Ce sera le cas chez Volvo Gand dans le courant de l'année.

- Publié le 16-01-2022 à 14h14

Libre Eco week-end | Le dossier
Produire des voitures électriques ou hybrides plus respectueuses de l'environnement, c'est bien entendu un bon premier pas vers une mobilité plus verte. Produire des voitures électrifiées, ou non, dans des usines qui sont elles-mêmes plus soucieuses de leurs émissions de CO2, c'est encore mieux.
Voilà bientôt un an, le groupe Volvo annonçait que son site historique de Torslanda, en Suède, était totalement neutre sur le plan climatique. "Nous nous sommes engagés à avoir un réseau de production climatiquement neutre d'ici 2025 ", avait alors expliqué Javier Varela, responsable du département Industrial Operations and Quality. Torslanda était déjà alimentée par de l'électricité verte depuis 2008.
Le site gantois de Volvo Cars va également accélérer cette transition. Depuis octobre 2018, quelque 15 000 panneaux solaires ont été installés sur le site de l'usine, permettant de couvrir au moins 5,4 % de la consommation totale d'électricité, en plus des éoliennes déjà installées.
La volonté était alors d'avoir une production neutre pour le climat d'ici 2025. Ce sera chose faite bien plus tôt. "Nous nous attendons à pouvoir atteindre une production entièrement neutre en carbone au second semestre" , a expliqué cette semaine Barbara Blomme, porte-parole.
Si les voitures électriques ont représenté 15,5 % du total de la production Volvo à Gand en 2021, soit 28 000 véhicules, l'usine d'Audi Forest est, quant à elle, passée au full electric depuis 2018.
Energie verte
Ce sont cette fois près de 44 000 e-tron qui sont sorties, contre 42100 en 2020, d'une usine vantant, via de grands panneaux, son approche "CO2 neutral".
Cela veut dire quoi ? C'est logiquement produire et utiliser de l'énergie verte. Dès 2012, l'usine avait installé 37 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques. Six ans plus tard, elle était certifiée neutre en CO2, une première au sein du groupe Audi.
Aujourd'hui, c'est 107 000 m2. " Ces panneaux solaires représentent 13,5 % de nos besoins en électricité" , explique Peter D'Hoore, porte-parole. "Pour le surplus, nous achetons de l'énergie verte ." C'est notamment du biogaz, un gaz produit par la fermentation de matières organiques. " Nous nous fournissons aussi en électricité produite par des éoliennes situées en Belgique" , précise Peter D'Hoore. Il y a également les petits gestes qui permettent de consommer moins d'énergie : fermer les portes en hiver ou encore éteindre les lumières en quittant un local. " Malgré tous nos efforts, il reste un petit quota de CO2 que nous ne pouvons éviter ." Afin de compenser ces émissions, Audi Forest subventionne un projet durable en Inde.
Le site de Gyor, en Hongrie, est devenu à son tour "CO2 neutral" en 2020, avec un parc d'énergie solaire d'environ 160 000 m2. " La volonté du groupe est que tous les sites de production soient neutres en carbone d'ici 2025 ", rappelle à ce sujet Peter D'Hoore.
La Volvo C40 très écolo… lorsqu'elle roule
Quelque 3 533 Volvo C40 Recharge sont sorties de l'usine de Gand en 2021, soit 1,9 % de la production totale (183 000 véhicules). Un résultat à première vue modeste qui s'explique par une mise en route depuis octobre de ce premier modèle uniquement décliné en version électrique par Volvo.
Le constructeur suédois a voulu jouer la carte de la transparence sur ce modèle en détaillant son impact environnemental, comme il l'avait fait en 2020 lors du début de la mise en production de la XC 40 Recharge (la XC 40 est également produite dans des versions thermiques).
Qu'en est-il ? Le premier point a de quoi conforter les détracteurs des véhicules électriques. Et pour cause : la production de la C40 Recharge émet en effet 70 % de CO2 en plus que celle de la C40, modèle assez comparable, à moteur thermique (essence).
La batterie, très gourmande
D'où vient la différence ? Certainement pas d'un processus de production différent puisque ces deux voitures sont fabriquées sur la même chaîne d'assemblage. Les composants – quelque 10 000 matériaux regroupés en 70 catégories – sont globalement les mêmes.
Reste donc la batterie, forcément bien plus puissante que pour une voiture classique et surtout bien plus lourde, de l'ordre de plusieurs centaines de kilos. À elle seule, cette batterie représente un tiers des émissions de CO2 enregistrées pendant la fabrication de la C40. La production des batteries lithium-ion est particulièrement gourmande en énergie.
Vous vous doutez que le bilan environnemental global n'est pas aussi sombre : les choses s'améliorent passablement lorsque cette même C40 prend la route.
Ensemble du cycle de vie
Volvo, cette fois, analyse l'ensemble du cycle de vie de la voiture, de l'extraction à la production des matériaux en passant par la fabrication du véhicule et bien entendu son utilisation (le constructeur table sur 200 000 kilomètres). La version électrique l'emporte alors haut la main, à une seule condition : que l'énergie qu'elle consomme soit verte (via des éoliennes, par exemple). Dans ce cas, la C40 aura une empreinte CO2 d'environ 27 tonnes pendant sa vie à comparer avec les 58 tonnes d'une XC40 classique.
Nous n'en sommes pas encore là, l'Allemagne ayant, par exemple, encore une soixantaine de centrales à charbon. L'estimation la plus proche de la réalité tient cette fois compte de l'origine de l'énergie électrique au sein de l'Union européenne (mix d'énergie renouvelable et fossile) : les émissions sont alors de 42 tonnes.
Autre fait intéressant relevé par Volvo : l'empreinte carbone de la C40 est inférieure de 5 % à celle de la XC 40 électrique sur l'ensemble du cycle de vie et même de 10 % pour la seule phase d'utilisation, grâce à un meilleur aérodynamisme.
