De 0 à 10 millions d'euros de chiffre d'affaires en 5 ans : la folle épopée de la scale up belge Dog Chef
L'entreprise a grandi, explosé presque. Son appétit de croissance est toujours intact ; celui de ses clients canins aussi.
- Publié le 05-03-2022 à 10h10
- Mis à jour le 05-03-2022 à 10h11

Il y a cinq ans, l'histoire de Dog Chef commence un peu comme un défi entre amis : Alexis d'Oultremont adopte un chien, et, soucieux de son bien-être, il cherche à lui donner à manger ce qui lui convient le mieux. Alexis d'Oultremont et son comparse, Alexandre Cardon, effectuent des recherches, essaient des recettes, les testent auprès d'amis. Très vite, ils sont à l'étroit dans leur cuisine, et migrent dans les locaux d'un ami boucher. Le succès est au rendez-vous : ils cuisinent, livrent, gèrent les commandes. L'idée est excellente, les plats aussi, les clients affluent. Ils sont condamnés… à grandir.
15 000 clients à quatre pa(pa)ttes
Et pour faire court, ça donne, cinq ans plus tard, une entreprise disposant de deux sièges en périphérie bruxelloise, plus de 100 employés dont deux vétérinaires, et… 10 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Le principe ? Cuisiner des produits frais, viandes, légumes, compléments alimentaires, les conditionner en fonction des consommateurs finaux, des chiens (gâtés) d'âges, de poids et de formats différents. Les clients ? Actuellement, plus de 15 000 toutous dans le Benelux, en France et bientôt en Allemagne.
Et ce n'est pas fini ! Dog Chef a levé 12,5 millions d'euros il y a six mois, pour financer le développement de la production, le marketing, la logistique et l'informatique. La rentabilité est-elle en vue pour cette scale-up de cinq ans ? "Ce n'est pas l'objectif actuel", explique le financier du duo, Alexandre Cardon. "On pourrait y être, techniquement, mais nous avons des objectifs de croissance qui nécessitent de l'investissement, conformément aux attentes de nos partenaires investisseurs".
Le jeune ingénieur de gestion (UCLouvain) maîtrise la situation. Et il n'en est pas à sa première expérience. Avec son partenaire, juriste de formation, il a déjà accompli un cycle complet de création d'entreprise avec le lancement et le développement d'une application de fidélisation de la clientèle, revendue à ING.
Un site de vente en ligne, sur mesure
Aux débuts de l'aventure Dog Chef, Alexis d'Oultremont qui a appris l'informatique sur le tas, raconte avoir mis sur pied un site Internet qu'il continue de développer. C'est la clé du système de vente de l'entreprise, là où la magie opère. L'interface est claire et efficace. On y découvre les spécialités, des plats à base de poulet, de bœuf, de canard, de porc ou de poisson, sans gluten, et avec la possibilité de sélectionner des variantes hypoallergéniques. Et puis, tout comme dans le cas d'un site destiné à cadrer avec les besoins du consommateur humain, Dog Chef "profile" le chien du visiteur. Son âge, son poids, sa race, son état de santé, son appétit,… sont pris en compte pour établir des rations sur mesure.
Le site propose aussi des compléments alimentaires, vitamines, oméga 3 et 6 à additionner aux repas. La livraison des recettes saucissonnées, en emballages isothermes et en camions frigos, est gratuite, ce qui implique des commandes minimales pour une durée d'un mois. "Les clients surgèlent leur commande et puisent au fur et à mesure des besoins de leur chien", explique Alexandre Cardon. Le prix des portions va de 1,40 euro/jour à 3,70 euros/jour ou plus selon la taille du consommateur et son appétit. Un prix qui dépasse évidemment celui des croquettes traditionnelles… "C'est vrai, mais certains clients utilisent nos plats frais comme topping sur les croquettes", explique encore Alexandre Cardon. Et, comme le principe de départ de l'entreprise est d'améliorer la vie des quadrupèdes, il donne un tuyau gratuit pour les personnes qui préféreraient cuisiner elles-mêmes : les recettes proposées sur son site.
Petit détail pratique : le passage des croquettes au frais demande un peu de patience. La première livraison est donc accompagnée d'un mode d'emploi à ce propos. Et il est possible de passer une commande test portant sur deux semaines de rations, à prix réduit.
