Avec Wallifornia, Liège est devenue le "Davos de la MusicTech"

La 6e édition du Wallifornia MusicTech réunit à Liège, les 6 et 7 juillet, les professionnels de la musique et de la tech. L’événement est l’une des briques de l’écosystème bâti autour des industries culturelles et créatives. Rencontre avec Gérôme Vanherf, l’un des fondateurs de Wallifornia.

Gérôme Vanherf, cofondateur de Wallifornia.
Gérôme Vanherf, cofondateur de Wallifornia. ©TONNEAU

Le pari était ambitieux. Un brin prétentieux, susurraient certains. Lancé en 2016 par le fonds d'investissement liégeois Leansquare (groupe Noshaq), en partenariat avec le festival Les Ardentes, le projet "Wallifornia MusicTech" consistait à positionner la Cité ardente sur la carte des villes européennes qui, à l'instar de Barcelone (Sonar + D) ou de Londres (Music TechFest), faisaient se rencontrer la "crème de la crème" de l'industrie musicale (labels, producteurs, artistes, etc.) et le monde des nouvelles technologies et des entrepreneurs.

À la veille de la 6e édition du Wallifornia Music&Innovation Summit , qui se tiendra les 6 et 7 juillet à La Grand Poste de Liège (après deux éditions virtuelles), Gérôme Vanherf, cofondateur et organisateur de l'événement, affiche un sourire qui en dit long. "On veut rester humble, insiste ce jeune quadragénaire formé à HEC Liège. Mais, aujourd'hui, Wallifornia se trouve au cœur de l'écosystème MusicTech européen. En cinq éditions et en autant de programmes d'accélération de start-up MusicTech, on est passé de la Jupiler Pro League à la Champions League ! Au début, on devait se battre pour convaincre les meilleurs du secteur de venir jusqu'à Liège pour participer aux conférences. Maintenant, ce sont eux qui nous demandent de venir ! Le programme d'accélération, lui, est passé d'une semaine, en présentiel, à dix semaines en mode hybride, ce qui nous permet d'aller chercher des grosses pointures pour coacher les start-up".

Un "sommet" à taille humaine

Cette montée en gamme, soutenue par un partenariat noué avec Universal Music, ne s'est pas accompagnée d'une croissance du nombre de participants. Un choix assumé. "On n'a jamais voulu devenir l'équivalent européen du South by Southwest (célèbre festival américain qui, chaque année, attire plusieurs milliers de participants à Austin, NdlR). On est plutôt devenu le Davos de la MusicTech ! On limite volontairement le nombre de participants à 200-250 personnes. On veut rester à taille humaine, ce qui permet à tout le monde - producteurs, entrepreneurs, programmateurs, investisseurs… - de nouer de vrais contacts. Pour l'accélérateur, on sélectionne une dizaine de start-up."

Cette année, douze jeunes pousses MusicTech ont intégré le programme d'accélération, dont une seule belge. Il s'agit de Artfuse, start-up basée à Hasselt, qui a développé une plateforme de réservation et d'organisation d'expériences musicales. Les onze autres viennent des États-Unis, d'Autriche, des Pays-Bas, d'Espagne, d'Italie, de France et du Royaume-Uni. "On a beaucoup plus de start-up qui postulent qu'auparavant et les projets sont aussi plus qualitatifs", souligne Gérôme Vanherf. Il est vrai que les nouvelles technologies, appliquées au secteur de la musique, ont fortement évolué au cours des dernières années. Le web3, les "NFTs" et autres métavers, par exemple, ont fait leur apparition. Plusieurs conférences seront d'ailleurs consacrées à la manière dont ces technologies peuvent influencer l'industrie et les fans de musique.

Un écosystème cohérent

L'an dernier, Wallifornia a étendu son terrain de jeu en coorganisant le premier "SportsTech Summit Belgium" avec la Fédération belge de football et Agoria. "On s'est rendu compte que les technologies de l'industrie musicale étaient proches de celles que l'on peut appliquer au monde du sport. Les enjeux sont aussi assez similaires (organisation d'événements, interactions avec les fans, accès aux contenus, propriété intellectuelle, etc.). Et comme on a, avec EVS, un champion mondial du secteur à Liège, on trouvait cohérent de se lancer dans cette aventure SportsTech", argumente M. Vanherf. Là aussi, il s'agit de mettre en contact les professionnels du secteur et d'accélérer des start-up actives dans le domaine.

Outre Wallifornia (MusicTech et SportsTech), Gérôme Vanherf est aussi devenu, en 2021, CEO de La Grand Poste (lire ci-dessous). Il reste par ailleurs "venture partner" chez Leansquare. "Pour moi, ça forme un tout, justifie-t-il. Ce sont les quatre piliers d'un même écosystème construit autour de la tech et de l'entertainment (musique, sport, esport et gaming). On est parvenu à créer une dynamique vertueuse avec des acteurs à la fois belges et internationaux." Liège, caput mundi… ?