Brussels Airlines : les positions "très écartées" entre direction et syndicats
Les positions entre la direction de Brussels Airlines et les syndicats de la compagnie sont actuellement "très écartées", a reconnu l'entreprise jeudi.

- Publié le 07-03-2024 à 14h23
L'entreprise Brussels Airlines a déposé une offre "très décente" sur la table des négociations, qu'elle ne compte pas revoir à la hausse, a prévenu sa directrice financière. Le transporteur ne changera pas de position, même sous la menace de grèves, a-t-elle laissé entendre.
Brussels Airlines a été confrontée à deux grèves au mois de janvier et février: l'une des pilotes et l'autre d'une partie du personnel de cabine. Des actions qui ont coûté 4 millions d'euros à l'entreprise, a expliqué jeudi Nina Öwerdieck, sa directrice financière.
Les revendications syndicales étaient chaque fois les mêmes: une hausse des salaires et un meilleur aménagement du temps de travail. Le personnel a en effet fait des concessions pendant la crise du coronavirus. Mais il veut à présent une part du gâteau alors que la compagnie aérienne a retrouvé une meilleure santé financière. Elle a renoué avec les bénéfices en 2023, après cinq années de pertes. Le bénéfice d'exploitation a atteint le chiffre record de 53 millions d'euros.
Les syndicats ont mis sur la table un certain nombre de revendications légitimes, a reconnu Brussels Airlines, qui dit les avoir prises en compte. Mais les deux camps ne sont cependant pas parvenus à s'entendre. Mercredi encore, une procédure de conciliation concernant les pilotes s'est soldée sur un échec. "Chacun a expliqué sa position et nous sommes très éloignés les uns des autres", a concédé jeudi Nina Öwerdieck.
L'"offre très décente" qu'a soumise la direction au personnel est une limite que l'entreprise ne peut pas dépasser, a insisté la CEO Dorothea von Boxberg. L'entreprise y propose une augmentation moyenne du pouvoir d'achat de 6% pour les quelque 3.400 membres du personnel, "avec des écarts allant jusqu'à 12% pour certains travailleurs". Cette hausse s'ajoute à l'indexation salariale de 4% entrée en vigueur début janvier, détaille la direction. Le coût de cette proposition équivaut à environ un sixième des bénéfices de l'année dernière, soit 9 millions d'euros.
La situation financière reste fragile, raison pour laquelle l'entreprise n'entend pas aller plus loin, a justifié la direction. "Nous devons veiller à rester une entreprise viable, et ne pas tout perdre à nouveau après à peine une année de bénéfices", a souligné la patronne de la compagnie. La marge bénéficiaire (3,4 %) n'atteint pas (encore) le niveau visé de 8%."
Brussels Airlines ne changera pas de position, même sous la menace de grèves, a-t-elle mis en garde. "Même s'il y a d'autres grèves, nous n'irons pas plus loin", a affirmé Dorothea von Boxberg.
