Bientôt les "Belgium Impact Startup Awards": "Nous voulons fédérer l'écosystème des start-up"
Les premiers "Belgium Impact Startup Awards" seront décernés le 9 octobre prochain.

- Publié le 02-09-2024 à 09h22

Nicolas Debray est un homme heureux. Ce Bruxellois, entrepreneur et "business angel" très actif dans le secteur des start-up, se réjouit du succès que rencontre sa nouvelle initiative, les "Belgium Impact Startup Awards" lancés au mois de juin dernier et dont La Libre Belgique est partenaire. Interview sur cette première édition d'Awards dédiés à l'impact sociétal et environnemental.
Pourquoi avoir lancé ces Awards ?
Je suis acteur de cet écosystème des start-up depuis longtemps. Mais cet écosystème rencontre plusieurs problèmes. Un, il n'est pas vraiment fédéré. Deux, les start-up doivent en permanence aller chercher de l'argent pour assurer leur croissance et leur viabilité.
J'ai eu des discussions avec toute une série de CEO et de personnes dans les comités de direction des grosses entreprises et il en est ressorti qu'ils étaient très demandeurs de contacts avec des start-up. J'ai organisé un premier événement sur ce thème en mars dernier, qui a rencontré un vif succès, démontrant combien des grandes entreprises souhaitent, pour faire face aux enjeux de la transition écologique, aller chercher aussi des solutions dans des sociétés de plus petite taille et innovantes.
Je me suis dit alors qu'il y avait moyen de faire plus. J'ai remarqué qu'au niveau des Awards existants, ils étaient très génériques, couvrant en même temps aussi bien les grandes entreprises que les petites entreprises, que les start-up. Quand j'ai proposé autour de moi de lancer des Awards pour les start-up à impact, les retours, de partenaires potentiels et de sponsors, comme JCDecaux, Silversquare, Google Cloud, TheMerode, notamment, ont été très positifs. Et ils se sont rangés derrière ce projet visant à mettre en avant un écosystème de start-up, à lui donner de la visibilité, à créer de la valeur et à faire en sorte que cet écosystème puisse être mieux connu par de plus grosses entreprises.
Combien de sociétés se sont-elles portées candidates ?
J'étais un peu dans l'inconnu pour cette première édition. Nous espérions attirer une bonne vingtaine d'entreprises. Et, bonne surprise, nous avons reçu 53 dossiers de candidature en un mois, des dossiers qui sont, pour la plupart, de qualité excellente.
Quels sont les paramètres à respecter pour pouvoir participer ?
Il faut être une start-up ou une scale-up, que ce soit une TPE, une PME, une ASBL, avoir au maximum 100 employés et moins de 10 ans d'existence. Par ailleurs, une partie du capital doit être détenue par les fondateurs ou des personnes privées, la société ne peut pas être un satellite de grandes entreprises.
Finalement, les candidatures ont débouché sur un excellent mix de sociétés. Il y a des entreprises créées très récemment, d'autres sont en activité depuis déjà assez longtemps, ayant quasiment dix ans d'existence. Certaines regroupent plusieurs dizaines d'employés, ont plusieurs millions de chiffres d'affaires… Le mix est également excellent en termes de secteur d'activité, de localisation, les sociétés candidates viennent aussi bien du nord du pays que de Bruxelles ou du sud du pays. C'est aussi une excellente surprise pour nous.
L'accent a donc été mis sur les start-up à impact…
Oui, selon la définition, ce sont des sociétés innovantes et qui apportent des externalités positives en termes de durabilité, de responsabilité sociale ou de gouvernance. Une première sélection s'est donc faite autour des cinq critères que nous avions retenus : la clarté de la mission de l'entreprise ; les éléments de mesure de son impact social et environnemental ("le social return on investment" et le "footprint", empreinte écologique) ; le degré d'innovation ; le potentiel d'alimenter la croissance future et le côté fiable à long terme ; et le potentiel au niveau financier.
"La régionalisation en Belgique fait qu'il n'y a rien, ou très peu, qui est poussé ou soutenu au niveau fédéral. Et c'est un énorme manque pour cet écosystème des start-up."
Quels sont les secteurs d'activité les plus représentés ?
C'est très varié. Nous avons des sociétés spécialisées dans la construction, dans les logiciels pour la mesure de l'empreinte carbone, d'autres dans les logiciels pour le monitoring de l'eau, les secteurs des biens de consommation sont aussi bien représentés, par exemple avec des boissons innovantes réduisant fortement leur emballage et qui font tout localement. Dans les secteurs du "non-profit", il y a des ASBL mettant en œuvre des projets de réinsertion de prisonniers comme d'autres qui sont centrées sur des enjeux de durabilité, etc. Cette variété nous a amenés à prévoir 6 catégories pour ces Awards, car on ne peut pas comparer une ASBL qui arrive avec des solutions pour la prévention du burn-out à une société qui présente des solutions de mobilité pour permettre davantage de multimodalité.
Qu'espérez-vous améliorer via ces Awards ?
D'abord promouvoir, donner de la visibilité à cet écosystème des start-up et lui permettre d'entrer davantage en contact avec de grandes entreprises. Mais nous voulons aussi fédérer cet écosystème qui est, aujourd'hui, très régionalisé. Chacun – la Flandre, la Wallonie, Bruxelles – fait son truc de son côté. Et si on cherche du financement, ce financement doit notamment être obtenu via un soutien public. Mais le soutien public est une compétence régionale alors que, par comparaison chez nos voisins, en France, il y a la Mission French Tech et aux Pays-Bas ils ont l'incubateur Tech Leap. La régionalisation en Belgique fait qu'il n'y a rien, ou très peu, qui est poussé ou soutenu au niveau fédéral. Et c'est un énorme manque pour cet écosystème des start-up. Cette initiative vient combler ce manque.
En pratique
Les start-up qui souhaitaient prendre part à cette première édition avaient jusqu'au 14 juillet pour introduire leur dossier de candidature. Elles pouvaient postuler dans une ou plusieurs des six catégories suivantes : Building & Real Estate, Energy & Environment, Food & Beverage, Mobility, People & HR et Social & Not-for-Profit. 53 sociétés se sont donc portées candidates.
Un premier jury, composé de vingt personnalités et décideurs issus de grandes entreprises s'est chargé d'examiner les dossiers et désigner des nominés dans chacune des catégories, qui seront dévoilés cette semaine. Les candidats nominés devront "pitcher" (présenter leur projet comme on le fait pour obtenir un financement) d'ici à fin septembre. La remise des Awards (au nombre de trois par catégorie) est programmée le 9 octobre à TheMerode, à Bruxelles.
