"Mon aventure avec Facebook a commencé comme une comédie pleine d'espoir et s'est terminée dans la noirceur"
Le groupe Meta a réagi à ces accusations, et demande l'ouverture d'une procédure d'arbitrage d'urgence.

- Publié le 21-03-2025 à 12h02
- Mis à jour le 21-03-2025 à 12h23

Dans un livre-choc, l'ex-responsable des relations publiques mondiales de Facebook attaque l'entreprise sans langue de bois. Le créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, n'y échappe pas. Sarah Wynn-Williams dénonce par exemple le comportement odieux du patron de Meta tandis qu'il avait failli rater un sommet important au Pérou. Il remettait la faute sur ses équipes, alors que la raison de son retard était qu'il avait oublié son passeport.
"Je suppose que c'est à ça que ça ressemble de vivre dans une bulle, comme le fait Mark. […] Quand vous êtes tellement habitué à ce que les gens fassent des choses pour vous personnellement et professionnellement, vous cessez de vous sentir responsable", tacle-t-elle.
Elle affirme également qu'il a été très compliqué pour elle et son équipe de faire admettre à Mark Zuckerberg le rôle qu'avait joué Facebook dans l'élection de Donald Trump. "Il est remarquable que la personne qui a fondé l'une des entreprises les plus puissantes du monde ait tant de difficultés à accepter que la plateforme où le président élu a dépensé des sommes considérables ait eu une quelconque influence sur l'élection", écrit-elle.
"Le livre n'aurait jamais dû être publié"
Quand Sarah Wynn-Williams se remémore ses sept années passées chez Facebook, elle ne peut le faire sans amertume. "Mon aventure avec Facebook a commencé comme une comédie pleine d'espoir et s'est terminée dans la noirceur et les regrets", affirme-t-elle en effet dans son livre autobiographique, "Careless People" ("Personnes négligentes", en français), publiée aux États-Unis le 13 mars dernier aux éditions Flatiron Books.
Dans son bouquin, Sarah Wynn-Williams affirme notamment avoir subi du harcèlement sexuel de la part de l'actuel responsable des affaires publiques, Joel Kaplan.
Près de 60 000 exemplaires ont été écoulés aux Etats-Unis en une semaine, rapporte l'agence AP, citant les chiffres de vente des versions physiques, numériques et audio fournis par l'éditeur du livre. L'ouvrage se classe aussi en tête des essais les plus vendus aux Etats-Unis le 20 mars, selon le classement du New York Times Best Sellers, tandis qu'il se classe, le même jour, quatrième des livres les plus vendus sur le portail américain d'Amazon.
Parmi ses déclarations incendiaires, Sarah Wynn-Williams affirme notamment avoir subi du harcèlement sexuel de la part de l'actuel responsable des affaires publiques, Joel Kaplan. L'autrice estime avoir été licenciée par Facebook après avoir dénoncé les agissements de ce dernier. L'entreprise californienne, de son côté, assure qu'une enquête l'a blanchi en 2017.
Aussi, Sarah Wynn-Williams dénonce le rythme de travail imposé par les cadres de l'entreprise. "Marne [Levine], Elliot [Schrage] et Sheryl [Sandberg] gèrent impitoyablement leur propre travail, en extrayant de chaque journée autant de travail qu'il est humainement possible. […] En tant qu'employée de Marne, je sentais que je n'avais pas d'autre choix que de m'adapter à sa routine en travaillant avec une forte intensité et en ne dormant que quelques heures, entre une heure et cinq heures du matin, quand je savais qu'elle était endormie afin d'être sûre d'être disponible pour répondre à ses e-mails quand elle les envoie."
Face à cette situation, le groupe Meta a demandé l'ouverture d'une procédure d'arbitrage d'urgence. Tandis qu'un porte-parole du groupe a affirmé à nos confrères de Les Échos que "Sarah Wynn-Williams a été licenciée pour mauvaises performances et comportement toxique, et une enquête menée à l'époque a déterminé qu'elle avait fait des accusations mensongères et infondées de harcèlement". Selon lui, "le livre mensonger et diffamatoire de Sarah Wynn-Williams n'aurait jamais dû être publié".
