Le chiffre d'affaires de X explose : grâce à Donald Trump ?
La plateforme attire de nouveau les investisseurs et annonceurs. Tandis que plusieurs sources affirment une hausse de 40 % du chiffre d'affaires de l'entreprise en 2024.

- Publié le 08-04-2025 à 13h19
- Mis à jour le 08-04-2025 à 15h18

Grand patron du département d'Efficacité gouvernementale (DOGE), Elon Musk est devenu un conseiller proche de Donald Trump depuis son investiture. Mais l'engagement politique de l'homme le plus riche de la planète n'est pas sans conséquence pour ses affaires. Tesla en subit d'ailleurs les conséquences. Son action chute en Bourse depuis plusieurs semaines, tandis que certains magasins sont en proie à des violences dirigées contre son CEO.
Mais il est un business d'Elon Musk qui profite gracieusement de sa présence au sein de l'administration Trump. Son réseau social X (ex-Twitter), connaît en effet un retour de ses annonceurs et des actionnaires, motivés par un rebond de ses revenus et une hausse de sa visibilité.
Nouveaux comptes certifiés
Depuis l'entrée en fonction de Donald Trump, de nouveaux comptes X ont vu le jour. Tous sous le pseudonyme du DOGE, ce département d'Efficacité gouvernementale décidé à réduire les dépenses publiques américaines de 1 000 milliards de dollars. Le réseau social d'Elon Musk, qui a également subi une réduction drastique de ses dépenses grâce à la réduction de plus de 80 % de ses effectifs, s'est en effet immiscé dans la communication officielle de la Maison-Blanche. Si bien que lors des conférences de presse de cette dernière, le responsable news de X, John Stoll, détient aujourd'hui une position de choix.
"Jeudi dernier, des journalistes entassés dans la salle de conférences de presse de la Maison-Blanche ont vu un visage inconnu dans un siège rotatif destiné aux nouveaux médias", décrit le New York Times. Tandis que l'attachée de presse de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, offre à John Stoll la possibilité de poser la première question de ce point presse normalement dédié aux journalistes. Le gouvernement fait ainsi clairement le choix d'accorder à X une position de pouvoir et de visibilité aux côtés des organismes de presse.
"Depuis l'élection, la plateforme est devenue une source d'information administrative de premier plan, puisqu'Elon Musk fournit des mises à jour en temps réel sur son ministère de l'Efficacité gouvernementale et décrit quotidiennement ses projets de réductions de coûts à ses plus de 219 millions d'abonnés", ajoute le quotidien américain.

L'implication d'Elon Musk, tel "un porte-parole", dans la politique gouvernementale du 45e président a eu cet effet de rassurer également les annonceurs. Ainsi, Amazon et Apple, notamment, sont revenus sur la plateforme. Les affaires vont donc mieux pour X, mais tout n'est pas encore rose.
"Début mars, X avait diffusé 91 millions de dollars d'annonces au cours du premier trimestre, bien en deçà de son objectif de 153 millions de dollars", constate le New York Times après la consultation de documents internes à l'entreprise. Ajoutant qu'Elon Musk affirme dans un courriel aux employés que les revenus de X restent "peu impressionnants" et que l'entreprise est "à peine rentable".
Le chiffre d'affaires de X a bondi de 40 % l'année dernière, après une année 2023 compliquée.
Mais ce que ne dit pas Elon Musk, et qu'affirme le New York Times, c'est que le chiffre d'affaires de X a bondi de 40 % l'année dernière, après une année 2023 compliquée ou son chiffre d'affaires était estimé à 3,4 milliards de dollars par Statista. De quoi remercier au moins partiellement le président fraîchement élu Donald Trump, qui semble booster la visibilité et les affaires de la plateforme.
Retour des actionnaires
Malgré la modestie de son patron, X rassure grandement les actionnaires, et ce, depuis plusieurs mois. D'abord grâce à cette proximité de son patron avec l'administration Trump. Ensuite, grâce avec l'annonce en mars dernier du rachat de la plateforme par la start-up d'intelligence artificielle créée par Elon Musk, xAI.
La société valorisée à 88 milliards de dollars a en effet racheté X pour un montant de 45 milliards de dollars (avec sa dette de 12 milliards de dollars comprise). Soit le prix que le milliardaire avait payé avec un consortium d'investisseurs pour acquérir l'ancien Twitter en 2022. Conséquence directe de ce rachat : xAI permet de monétiser les créateurs de contenus, en leur facturant notamment l'utilisation de l'IA grâce à des abonnements premium.
Autre signe du regain d'intérêts des investisseurs pour X : la banque Morgan Stanley a (enfin) réussi à revendre la dette liée à X.
Car lorsqu'Elon Musk a racheté Twitter en 2022 pour 44 milliards de dollars, un quart de cette somme (12,5 milliards de dollars, précisément) a été financé par un prêt réalisé auprès de Morgan Stanley.
"Les banques revendent généralement rapidement ces titres de créance (obligations, Ndlr), mais dans ce cas-ci, elles ont conservé une grande partie de cette dette parce que les investisseurs étaient réticents à parier sur l'entreprise", analyse Bloomberg.
Il aura donc fallu près de trois ans pour que la banque parvienne à revendre ces titres de dette pour environ 4,7 milliards de dollars, dépassant son objectif initial de 3 milliards de dollars. "Tout ceci motivé par la hausse des revenus générés par X", complète le média américain.