Pourquoi Google a débranché la société belge Proxistore ? Le géant avance ses arguments devant la justice belge
Pour les avocats du géant américain, la société belge Proxistore payait ses factures en retard. Le tribunal de l'entreprise de Nivelles, quant à lui, ne serait pas compétent pour juger l'affaire… Un jugement est attendu pour le 21 mai.
- Publié le 07-05-2025 à 17h57
- Mis à jour le 07-05-2025 à 18h53

Google avait à nouveau rendez-vous avec la justice belge, ce mercredi. Dans la saga opposant le géant californien au petit Poucet belge Proxistore, société spécialisée dans la publicité en ligne, il s'agissait, pour le juge du tribunal de l'entreprise de Nivelles, d'entendre les raisons qui avaient poussé Google à interrompre brutalement, début février, l'accès de Proxistore à sa plateforme publicitaire.
Dans une ordonnance rendue le 7 février, le tribunal de Nivelles avait condamné Google à rebrancher les services de Proxistore. "Sans cela, une astreinte de 1 million d'euros par heure de retard leur pendait au nez en cas de non-réactivation des services", rappelle Bruno Van Boucq, fondateur et CEO de la PME de Wavre. Google mettra 4 heures pour respecter l'injonction du juge… pour débrancher, à nouveau, quelques jours plus tard pour une durée de 72 heures et ainsi bloquer la diffusion des campagnes publicitaires des clients de Proxistore ! Au total, 76 heures d'interruption du service seront constatées et reconnues par la cour d'appel de Bruxelles. "Nous les avons dès lors mis en demeure de nous verser 76 millions d'euros. Actuellement, cette somme leur est saisie à la Citibank de Dublin, en Irlande (siège européen de Google, NdlR)".
Dans le cadre d'une procédure en tierce opposition à l'ordonnance du 7 février, les avocats de Google sont donc venus expliquer, ce mercredi, que Proxistore avait la mauvaise habitude de ne pas honorer ses factures dans les temps. Après de nombreux avertissements, Google aurait pris la décision de suspendre son service, pour le relancer dès le paiement reçu des montants dus. En outre, Proxistore ne répondrait pas aux conditions pour introduire une requête unilatérale, n'ayant pas démontré l'extrême urgence de la situation ni un quelconque dommage. Enfin, d'après les avocats du géant américain, le tribunal brabançon ne serait tout simplement pas compétent pour traiter le dossier. C'est en Irlande que se trouvent les serveurs de Google et il n'y a pas de lien de rattachement suffisant avec la Belgique, ont-ils argué.
"Il y avait extrême urgence"
L'avocat de Proxistore a contesté l'absence d'absolue nécessité dans la requête unilatérale qui avait été déposée. "Vous avez sauvé l'entreprise (avec l'ordonnance, NdlR), il y avait extrême urgence", s'est-il adressé au président, pointant le risque immédiat de faillite pour la société wavrienne. Lorsque la requête unilatérale a été déposée, début février, sept jours étaient passés sans que Proxistore ait pu avoir accès aux serveurs de Google, alors qu'elle avait pourtant d'éponger toutes ses dettes. Pour justifier ce délai, Google a cette fois mentionné un problème technique…
Le tribunal de Nivelles a pris l'affaire en délibéré et rendra son jugement, sur la confirmation ou la révocation de l'ordonnance, le 21 mai.
