"Ils ont tagué et bloqué le bâtiment" : des activistes "anti-Israël" s'en prennent au site de Syensqo à Bruxelles
Le groupe de chimie spécialisé en polymères est la cible de manifestants dénonçant la "complicité" avec le gouvernement israélien. De nombreux activistes sont sur place.

- Publié le 23-06-2025 à 10h42
- Mis à jour le 23-06-2025 à 19h23

"Le site est bloqué, ils sont arrivés avant 8 heures. La police est sur place", nous signale la directrice de la communication de Syensqo (issue de la scission de Solvay), alors que de nombreux militants sont venus bloquer l'entreprise ce lundi matin à Bruxelles. En parallèle, à Tournai, le site de l'entreprise OIP Sensor Systems, détenue par la société d'armement israélienne Elbit, a également été visé par des actions similaires.
"Ils ne sont pas un millier comme ils l'avancent mais ils sont plusieurs centaines."
Les raisons évoquées par les militants du collectif "Stop Arming Israel" sont la "complicité" dans les "actes génocidaires" d'Israël à Gaza et demandent que des sanctions soient prises par la Belgique face à l'Etat hébreu. Ils exigent également que l'embargo militaire (décrété en 2009 en Belgique) visant Israël soit respecté.

"Plusieurs centaines d'activistes"
"Ils ont tagué le bâtiment mais restent relativement calmes. Ils ne sont pas un millier comme ils l'avancent mais ils sont plusieurs centaines. Il n'y a pas énormément de collègues sur site car tout est bloqué", avance la responsable de Syensqo, alors que de nombreux employés ont dû rentrer chez eux.
"On ne cache pas qu'on est actif dans la chaîne de valeur de l'industrie de la défense. Mais ce n'est pas de la production d'armes, c'est un amalgame."
"Sur le fond, bien sûr, on ne prend pas de position politique. On est une entreprise responsable, active dans la défense, et on respecte toutes les réglementations, toutes les lois qui encadrent la défense. Car, contrairement à ce que disent les activistes, on ne produit pas d'armes. On produit des composites thermoplastiques, qui entrent dans la chaîne de valeur aéronautique, civile et militaire. Nos clients sont des équipementiers de l'aéronautique. Mais ce n'est pas de la production d'armes, c'est un amalgame", poursuit-elle. "Mais on ne cache pas qu'on est actif dans la chaîne de valeur de l'industrie de la défense", insiste-t-elle.
Aux alentours de 15 heures, cette dernière nous précise que "la police maîtrise le périmètre et évacue les manifestants un à un". Une évacuation qui s'est terminée dans l'après-midi.

Selon les activistes, qui ont donc peint la façade du bâtiment en rouge, Syensqo fournirait des composants pour les drones israéliens. "Syensqo fournit en toute connaissance de cause un élément clé d'une arme connue pour son utilisation dans des crimes de guerre israéliens. Syensqo ne peut nier sa complicité dans le génocide en cours", ont-ils déclaré à l'agence Belga.
À Tournai, les activistes ont quant à eux pénétré le site industriel d'OIP Sensor Systems pendant la nuit. Ils affirment que la société-mère israélienne Elbit Systems fournit près de 85 % des drones israéliens, ainsi que d'autres équipements. "Elbit est le bras industriel du génocide en Palestine. Que cette entreprise ait des implantations en Belgique et y réalise des bénéfices est inacceptable", a déclaré l'un d'eux à l'agence de presse.
"Au lieu d'agir pour mettre fin au génocide, ils répriment ceux qui veulent stopper la machine de guerre", ont-ils déclaré alors que la police est venue les déloger dans la matinée.
