"L'Europe souffre déjà, les 15% ne passeront pas inaperçus": Syensqo, dans le rouge, déplore la guerre commerciale de Trump
Le groupe de chimie Syensqo a dû revoir ses perspectives, en partie à cause des droits de douane de 15% décidés par les États-Unis. Néanmoins, le cours de l'action grimpait de plus de 6% à l'ouverture
- Publié le 31-07-2025 à 09h51
- Mis à jour le 31-07-2025 à 10h03

L'entreprise Syensqo, active dans le secteur de la chimie de spécialité et scindée du groupe Solvay, a enregistré un chiffre d'affaires net de 1,59 milliard d'euros au deuxième trimestre, contre 1,71 milliard un an auparavant, rapporte-t-elle jeudi. Ses perspectives pour l'année 2025 passent à un bénéfice opérationnel (EBITDA) sous-jacent d'environ 1,3 milliard, alors qu'il était annoncé à au moins 1,4 milliard lors de la période précédente.
Le chiffre d'affaires net de Syensqo a été touché par des effets de change défavorables d'une année sur l'autre (-4%) et des volumes en baisse (-3%), alors que les prix sont restés globalement stables.
La CEO a rappelé que près de la moitié des revenus et des actifs de l'entreprise étaient directement liés au marché américain.
La marge brute atteint 506 millions d'euros, en diminution de 13%, principalement en raison de la baisse des volumes et des effets de change défavorables, détaille l'entreprise.
L'EBITDA sous-jacent s'élève par ailleurs à 335 millions d'euros, en baisse de 11,2% en une année.
"Un environnement macroéconomique difficile"
"Nous avons atteint nos objectifs dans un environnement macroéconomique difficile", commente la CEO Ilham Kadri. "À ce jour, et grâce aux mesures que nous mettons en place, nous prévoyons toujours un impact direct limité des droits de douane sur nos résultats annuels. En excluant ces facteurs externes, nos perspectives pour l'ensemble de l'année restent inchangées."
L'entrée en vigueur de droits de douane de 15% pour les produits exportés vers les États-Unis et les incertitudes pesant sur une éventuelle exemption du secteur chimique sont scrutées avec attention, comme l'a rappelé Ilham Kadri lors d'une conférence de presse matinale. "L'Europe souffre déjà d'un manque de compétitivité dans le secteur chimique, alors il est clair que les 15% ne passeront pas inaperçus", a-t-elle souligné. Elle a également rappelé que près de la moitié des revenus et des actifs de l'entreprise étaient directement liés au marché américain.

