Laurent Hublet démissionne du CA de la RTBF : "Les accusations de conflit d'intérêts sont infondées", réplique Joëlle Milquet
La démission est-elle liée, comme l'avance Forbes Belgique, à un marché public auquel Roland Berger, nouvel employeur de M.Hublet, participe ? La présidente de la RTBF conteste.

- Publié le 26-09-2025 à 11h19

Laurent Hublet n'est plus membre du conseil d'administration de la RTBF. Il a adressé, jeudi, un courriel de démission à Joëlle Milquet, présidente de la RTBF, aux autres administrateurs et à Jean-Paul Philippot, administrateur général du groupe audiovisuel public. "C'est une décision que je prends à titre personnel, à contrecœur, mais qui s'impose du fait de mes nouvelles activités professionnelles principales et la nature de celles-ci", explique Laurent Hublet dans ce courriel.
Cofondateur et ancien dirigeant de BeCentral, qui est devenu le plus grand campus numérique d'Europe installé au cœur de Gare Centrale, à Bruxelles, Laurent Hublet avait été sollicité, fin 2024, par le président des Engagés pour intégrer le conseil d'administration de la RTBF. "Ses compétences seront incontestablement très utiles dans les réflexions stratégiques du futur des médias de l'information, des médias publics et de la RTBF en particulier", avait souligné le parti dirigé, à l'époque, par Maxime Prévot.
Six mois après cette nomination, Laurent Hublet est devenu "partner" du cabinet de conseil en stratégie Roland Berger. M.Hublet en avait immédiatement informé le CA de la RTBF. Aucune objection n'avait été formulée quant à une éventuelle incompatibilité entre les deux fonctions.
"Tout cela n'a aucun sens !"
Dans un article paru ce matin, Forbes Belgique explique, pourtant, que la démission surprise de Laurent Hublet serait liée à de "lourds soupçons de conflit d'intérêts". Selon nos confrères, Roland Berger aurait remis une offre nettement plus basse que deux autres cabinets de consultance, Deloitte et Arthur D. Little, dans le cadre d'un marché public portant sur l'élaboration du nouveau plan stratégique de la RTBF à l'horizon 2030.
"Aucune proposition de décision visant à attribuer un marché de ce type à l'égard d'un quelconque soumissionnaire n'est à l'ordre du jour du Comité permanent de ce vendredi ou d'un prochain CA!"
Contactée par La Libre, la présidente du conseil d'administration de la RTBF conteste fermement les allégations de Forbes Belgique. "Aucune décision d'attribution d'un marché de consultance relative à un accompagnement stratégique de la RTBF n'a été prise par le CA ou le Comité permanent de la RTBF, ce qui rend toute information sur l'existence du moindre conflit d'intérêts à l'égard de quiconque tout à fait infondée". Par ailleurs, contrairement à ce qu'affirme Forbes Belgique, Joëlle Milquet dit qu'" aucune proposition de décision visant à attribuer un marché de ce type à l'égard d'un quelconque soumissionnaire n'est à l'ordre du jour du Comité permanent de ce vendredi ou d'un prochain CA !".
Laurent Hublet, que nous avons également joint, a préféré ne pas s'exprimer. "Tout cela n'a aucun sens !", se limite-t-il à dire, expliquant que l'unique raison de sa démission du CA de la RTBF était liée à un manque de disponibilité depuis qu'il a rejoint Roland Berger. Cette nouvelle fonction, qui l'amène à se rendre régulièrement à l'étranger et à laquelle il veut se consacrer à plein temps, rend impossible l'accomplissement de sa mission d'administrateur et de président du comité d'audit de la RTBF.
Une réplique à l'affaire Nadia Geerts ?
Les soupçons de conflit d'intérêts formulés à l'encontre de Laurent Hublet interviennent dans un climat déjà très tendu au sein et autour de la RTBF. Certaines de nos sources n'hésitent d'ailleurs pas à parler, à propos de l'article de Forbes Belgique, de "fuite" organisée par un ou plusieurs administrateurs du MR en représailles à l'affaire Nadia Geerts.
Dans un tweet publié le 27 juin dernier sur la crise alimentaire à Gaza, Mme Geerts, vice-présidente du CA de la RTBF, avait eu ces mots : "Je dis ça avec toutes les précautions nécessaires, mais si on cherche un restaurant à Gaza sur Google, on en trouve plusieurs qui ont l'air d'être en activité".
Sans être sanctionnée, Nadia Geerts avait été rappelée à l'ordre lors du conseil d'administration du 19 septembre, ce qui n'aurait pas plu au parti de Georges-Louis Bouchez.
