Suppléments pour voyageurs obèses et préférence pour les hôtesses plus légères : quand le poids fait polémique dans le ciel
Le dossier de La Libre Eco | Chaque kilo en moins vaut son pesant d'or dans les avions. Certaines compagnies créent la polémique en voulant alléger absolument leurs appareils.

- Publié le 18-01-2026 à 10h15

L'anecdote est souvent expliquée dans les écoles de commerce. En 1987, Robert Crandall, le patron d'American Airlines, s'était vanté d'avoir fait économiser 40 000 dollars par an à sa compagnie avec une mesure étonnante : retirer une olive des salades servies pour ses passagers de première classe. Quelques années plus tard, c'était au tour d'une autre compagnie américaine, Southwest, d'épargner 300 000 dollars annuellement en retirant trois cacahuètes de ses paquets destinés à ses voyageurs.
Le plastique, roi dans le ciel
Plus que dans n'importe quel secteur, le moindre détail compte dans l'aviation. Quand vous transportez des millions de passagers par an, un euro gagné sur un voyageur devient une fortune. Le même raisonnement revient pour le poids. Chaque kilo en moins vaut son pesant d'or : il représente des litres de consommation de carburant en moins pour les compagnies. Depuis des décennies, l'intérieur des avions a ainsi été considérablement allégé. Les couverts en métaux et les verres en cristal ont été remplacés par des ustensiles en plastique, beaucoup de dépliants en papier sont devenus digitaux.
La guerre des sièges inclinables
Les sièges sont aussi de plus en plus légers, parfois au détriment du confort des passagers. La possibilité de leur inclinaison a ainsi disparu dans de nombreuses compagnies. Il faut dire que ce dispositif créait parfois des disputes très violentes entre les passagers. L'histoire recense ainsi une série de vols déviés vers les aéroports les plus proches suite à des querelles entre voyageurs désirant avoir plus de place.
Si les compagnies ont vite pris l'habitude de faire payer des suppléments pour les bagages trop lourds, certaines d'entre elles se tournent aussi désormais vers leurs passagers les plus corpulents. Dès le 27 janvier, la compagnie américaine Southwest va ainsi obliger les personnes en "surpoids" à payer un supplément sur ses vols. En fait, ces passagers devront acheter une place supplémentaire au prix plein, s'ils n'arrivent pas à rentrer "entre les accoudoirs de leur siège". Jusqu'ici, cette option était gratuite chez Southwest et la décision fait polémique aux États-Unis.
Air France, de son côté, conseille aux personnes "à forte corpulence" d'acheter un siège supplémentaire avec "une remise de 25 %". Si l'avion n'est pas complet, la place est remboursée au passager. Si Ryanair a longtemps pensé instaurer une "taxe pour les obèses", la compagnie a finalement fait marche arrière. Mais elle l'explique clairement sur son site : si le voyageur ne peut pas attacher sa ceinture de sécurité ou s'il empiète sur un autre siège, il peut être refusé à l'embarquement. La solution selon Ryanair pour les personnes à forte corpulence ? Acheter un deuxième siège….
Des passagers qui passent sur la balance
Air Tahiti va même un pas plus loin. Depuis avril dernier, le transporteur de la Polynésie française oblige ses passagers à passer sur la balance avant d'embarquer. La compagnie présente cette initiative comme une "mesure de sécurité" destinée à adapter le centrage de ses avions. Le poids moyen des êtres humains est ainsi en hausse un peu partout sur la planète et les avions les moins modernes doivent s'adapter à cette nouvelle donne. Quitte, pour certains petits modèles, à ne plus mettre en vente toutes les places d'un avion de peur d'être en surcharge.
Des hôtesses plutôt que des stewards
Notons, enfin, que certaines compagnies ont eu d'autres stratégies, très polémiques, pour alléger leurs avions. Il y a quelques années, Turkish Airlines et Thai Airways avaient demandé à certaines de leurs hôtesses de perdre du poids, sous peine d'être renvoyées. La compagnie low cost indienne Go Air avait, elle, décidé de ne plus engager que du personnel de bord féminin. Motif ? Les femmes pèsent "en moyenne vingt kilos de moins" que les hommes. Cette politique a été peu payante : la compagnie est tombée en faillite quelques années plus tard.
