Un géant français du CAC 40, accusé de collaborer avec ICE, la police américaine de l'immigration de Trump
Le géant français Capgemini se retrouve au coeur d'une polémique après des révélations sur ses contrats avec la police américaine de l'immigration, alors que des violences choquantes secouent les Etats-Unis.

- Publié le 27-01-2026 à 14h30
- Mis à jour le 30-01-2026 à 14h44

C'est l'un des fleurons du CAC 40, désormais pointé du doigt pour son lien avec les récentes violences commises par la police américaine de l'immigration (ICE). Capgemini, l'entreprise française de services numériques, serait impliquée, selon une enquête de France 2, dans des contrats avec la très controversée ICE.
Une controverse qui intervient alors que des images choquantes de violences policières à Minneapolis circulent largement. En effet, le 24 janvier, Alex Pretti, un Américain de 37 ans a été tué par des agents fédéraux et quelques semaines plus tôt, Renee Good, une mère de famille américaine avait également été abattue par un agent de l'ICE.
Depuis, de grandes manifestations secouent la ville de Minneapolis, malgré la vague de froid polaire qui déferle sur les États-Unis depuis quelques jours.
Capgemini, au cœur de la controverse
Une enquête de l'œil du 20h de France 2 a donc mis en lumière la complicité de l'entreprise française, bien connue de la Bourse de Paris, Capgemini, dans les opérations répressives de la police américaine de l'immigration. Selon l'enquête et des bases de données publiques de contrats fédéraux, Capgemini et sa filiale américaine aideraient "à identifier et localiser des étrangers, avec un important chèque à la clé. Pour l'ICE, Capgemini gère par exemple un standard téléphonique réservé aux victimes de crimes commis par des étrangers".
Le média d'information ODM, l'Observatoire des multinationales, alertait déjà la semaine dernière sur la participation de Capgemini dans la traque aux migrants. Ce dernier affirmait que le groupe Capgemini Government Solutions avait signé un nouveau contrat de 4,8 millions de dollars. Des informations disponibles en libre accès sur le site des transactions du gouvernement américain, mais que le groupe affirmait ignorer. France 2 affirme également qu'un autre contrat, cette fois-ci beaucoup plus important, de 365 millions de dollars a été signé.
L'enquête indique également que certaines mentions de ce partenariat figuraient jusque récemment sur le site du groupe, avant d'être retirées.

Face à ces révélations, la ministre des Armées française Catherine Vautrin a appelé ce mardi lors de la matinale de RTL, à la "vigilance" des entreprises françaises impliquées dans ce genre d'affaires étrangères. "Les contrats des groupes français méritent toute vigilance quel que soit le lieu notamment quand cela concerne les droits de l'homme", affirme-t-elle.
Sur LinkedIn, le CEO de Capgemini, Aiman Ezzat, affirme pour sa part que l'entreprise a entamé un "processus de révision du contenu et de l'étendue du contrat".
Qu'est-ce que Capgemini ?
"Nous collaborons avec des clients de tous les secteurs pour générer un changement positif grâce à l'IA, à la technologie et aux talents", indique Capgemini sur son site web. Concrètement, le groupe aide également ses clients à collecter, organiser et analyser de grandes quantités de données pour améliorer leurs processus et leurs décisions.
Ce mardi, à la Bourse de Paris, l'action reculait près de 3 % à l'ouverture.
Capgemini, déjà dans la tourmente
La semaine dernière, le groupe avait déjà fait parler de lui en envisageant de supprimer "jusqu'à 2 400 postes" en France, en raison du ralentissement de son activité. Le groupe affirmait également vouloir accélérer son virage vers l'intelligence artificielle pour soutenir le développement de ses activités.