RTBF : les candidats ne se bousculent pas pour succéder à Jean-Paul Philippot
La clôture des candidatures avait lieu samedi à minuit. Si la confidentialité est de mise, tout semble indiquer que le poste d'administrateur général de la RTBF ne suscite pas un énorme engouement et que plusieurs candidats, pressentis, ont décliné la proposition.

- Publié le 16-02-2026 à 17h48
- Mis à jour le 16-02-2026 à 17h49

Les candidats et les candidates au poste d'administrateur général de la RTBF avaient jusqu'au 14 février, à minuit, pour se manifester auprès de l'entreprise publique. Pour celles et ceux qui auront fait acte de candidature, un long processus va désormais démarrer. Une fumée blanche n'est pas attendue avant l'été. Quant à l'entrée en fonction du futur patron (ne) de la RTBF, elle n'interviendra qu'en novembre.
La clôture du dépôt des candidatures a relancé la machine aux spéculations quant à l'identité des potentiels successeurs de Jean-Paul Philippot. Pour rappel, ce dernier – malgré une évaluation élogieuse faite par un collège d'experts externes à la RTBF – avait annoncé ne pas vouloir postuler à un cinquième mandat successif de six ans. Seule concession : une prolongation de sa mission jusqu'au 31 octobre, ce qui permettra à M.Philippot d'organiser le déménagement de ses troupes dans le tout nouveau siège de la chaîne publique.
Emmanuel Tourpe, le retour ?
Que ce soit du côté de la RTBF ou du cabinet de la ministre des Médias Jacqueline Galant (MR), l'heure est au "pas de commentaire !", ce lundi. À ce stade de la procédure, seule la direction des ressources humaines est en possession de la liste des candidatures. C'est elle qui, avec l'aide d'une société spécialisée externe, est chargée de juger de la recevabilité des candidatures et de réaliser un premier "assessment" des candidats.
D'après les informations glanées ce lundi par La Libre, une seule (quasi) certitude émerge parmi les personnes ayant fait acte de candidature. Il s'agit de celle déposée par Emmanuel Tourpe. Si l'intéressé ne veut ni confirmer ni infirmer l'information, la candidature de M.Tourpe fait peu de doute. De nationalité française, ce docteur en philosophie de 56 ans connaît bien la RTBF pour y avoir travaillé pendant près de dix-sept ans (de 2001 à 2017). D'abord comme responsable des études, ensuite comme directeur de la programmation TV. Depuis le début 2024, Emmanuel Tourpe travaille à France Télévisions en tant que directeur des médias du pôle Outre-mer. Auparavant, il avait occupé des fonctions de directeur à Arte (France) et LN24 (groupe IPM).
Le chef cab' de Galant renonce
Plusieurs personnalités, pressenties pour être candidates à la succession de M.Philippot, ont démenti des informations parues dans la presse. C'est notamment le cas d'Axel Miller (vice-président du conseil d'administration de la RTBF), de Sébastien Desclée (ex-directeur général du groupe IPM et CEO du groupe Galler) et de Martin Buxant (cofondateur de LN24 et journaliste politique à RTL Belgique). Frédéric Cauderlier (ex-directeur de communication de Charles Michel) et Joan Condijts (cofondateur de LN24, directeur éditorial de Forbes Belgique et CEO de Deficom), dont les noms circulent aussi, n'ont pas répondu à nos sollicitations.
Le nom de Stéphane Lefebvre, actuel directeur de cabinet de Jacqueline Galant, a également été cité. Mais, d'après nos informations, il n'a pas franchi le pas d'une candidature qui aurait été forcément attaquée au regard de la fonction qu'il occupe et des récentes prises de position de Mme Galant. L'homme cochait pourtant toutes les cases, nous dit-on à plusieurs sources.
Pierre Hermant décline
Sollicité par un chasseur de têtes, Pierre Hermant, CEO de Finance & Invest Brussels (le bras financier de la Région bruxelloise), a décliné. "J'ai effectivement été contacté au regard de mon expérience en transformation, en gestion budgétaire et en pilotage d'environnements multi-stakeholders complexes, ce qui est évidemment flatteur, nous a indiqué M.Hermant. Mais diriger un média public exige d'être profondément passionné par le secteur, d'en nourrir la curiosité, de lire, comparer et comprendre ses enjeux en permanence. Pour s'y engager à 200 %, cela mérite quelqu'un qui vit pleinement cet univers. Je n'ai donc pas postulé".
"Vu les pressions politiques exercées ces dernières semaines à l'égard de la RTBF, il y aurait peu de candidats."
C'est tout ? "Vu les pressions politiques exercées ces dernières semaines à l'égard de la RTBF, il y aurait peu de candidats", nous glisse une source interne très bien informée. Mais cela n'exclut pas que des candidatures, internes et externes, soient parvenues à la direction RH de la RTBF.
Pour rappel, c'est le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui, sur la base d'une liste d'au maximum trois candidats dressée par le conseil d'administration de la RTBF, aura le dernier mot. Auparavant, les candidats auront été auditionnés par un collège d'experts composé de trois professionnels des médias (Sibyle Veil, directrice générale de Radio France ; Bruno Patino, président d'Arte France ; Peter Quaghebeur, CEO de Mediafin) et d'une spécialiste en gouvernance d'entreprise (Pascale Simon, cofondatrice et directrice générale de Seewhy).
