De nombreux deals immobiliers sur le feu: "Les investisseurs ne sont plus dans un esprit de course"
- Publié le 09-01-2018 à 08h03
- Mis à jour le 09-01-2018 à 10h23

2017 ne s'est pas terminée en fanfare sur le marché de l'investissement immobilier. Mais le premier semestre de 2018 devrait faire des étincelles : Art 56, Egmont I et II, Actiris, Woluwe shopping, Rive Gauche…Les mois de décembre sont généralement très porteurs sur le marché de l'investissement immobilier. Mais cette année 2017, il n'y a pas eu de rush final. "La logique bilantaire a été éclipsée par une autre logique : celle de l'acquisition du bon produit, confirme Cédric Van Meerbeeck, Partner, Head of Research Belgium&Luxembourg chez Cushman&Wakefield. Les investisseurs ne sont plus dans un esprit de course. Au contraire, ils prennent tout leur temps. Etant donné que les biens sont de plus en plus chers, ils veulent être certains à 100 % qu'ils achètent le bon produit."
Or, il y a une belle brochette de deals proposés au marché. Ce qui veut dire que le début de cette année devrait être florissant sur ce plan.
Et l'expert de pointer d'abord "la probable vente des Egmont I et II de Cofinimmo". Ce que la SIR (société immobilière réglementée) a confirmé mi-novembre sans toutefois commenter le montant de 400 millions d'euros évoqué par le marché.
Autre vente attendue : celle du bâtiment Art 56, propriété d'Axa, occupé par plusieurs locataires dont… Cushman&Wakefield. Ici aussi une SIR intervient, mais comme acheteur : Befimmo. On parle d'un montant de plus de 120 millions d'euros.

Tour des Finances ?
Devrait également tomber avant l'été la vente des anciens bureaux d'Actiris au centre de Bruxelles, par la Société d'aménagement urbain (SAU). Celle-ci a sélectionné 5 candidats-acquéreurs qui doivent remettre, début mars, un projet détaillé de ce qu'ils entendent y faire.
Toujours sur le segment du bureau, le marché attend - sans trop y croire - la vente de la tour des Finances, face au Botanique, louée à encore très long terme à diverses administrations fédérales. Son propriétaire, Breevast, aurait reçu en 2017 une offre qui n'a pas abouti. De quoi le stimuler à chercher un autre candidat. "On évoque un montant de 1,2 milliard d'euros, convient Cédric Van Meerbeeck. Mais, que la tour soit vendue ou non, il s'agit d'une opération tellement atypique qu'on n'en tiendra sans doute pas compte dans les bilans de l'année."
Sur le plan des shopping centers, il y a une vente sur le feu : celle des certificats immobiliers liés au Woluwe Shopping Center représentant 60 % de la surface. Elle a suscité l'intérêt de nombreux candidats. L'un d'eux, l'entreprise néerlandaise Eurocommercial Properties, est en phase finale de négociation pour un montant de 468 millions d'euros. Mais deux autres shoppings pourraient également être vendus : Rive gauche à Charleroi et Docks Bruxsel le long du canal. Le premier est officiellement mis en vente, le second pas.

"Bruxelles n'est qu'une alternative"
Ces deals attireront-ils des investisseurs belges ou étrangers ? Des Asiatiques, notamment, comme on les a vus sur le Wijnegem en 2016 et sur trois immeubles de bureaux en 2017. "Oui, les Asiatiques ont énormément d'argent, conclut Cédric Van Meerbeeck. Et oui, ils ont besoin d'investir. Mais, à l'échelle européenne, pour les grands investisseurs étrangers, Bruxelles n'est qu'une alternative, de choix certes, mais une alternative quand même par rapport à des villes comme Londres, Paris, Francfort ou Amsterdam. Elle doit donc montrer patte blanche : tous les voyants doivent être parfaitement alignés pour qu'une transaction d'investissement se fasse, surtout dans les catégories d'actifs un peu moins sécurisées ou pour de gros montants, supérieurs à 300 millions d'euros par exemple." Un risque dans un marché de l'investissement qui ne pèse que quelque 3 milliards au total.
