Liège, ardente et attractive, va accroître son parc de logements
- Publié le 15-11-2018 à 10h23
- Mis à jour le 21-11-2018 à 16h21

Chef-lieu de la province de Liège et capitale économique de la Wallonie, la Ville de Liège est aussi la première ville touristique wallonne. Elle a la particularité d'être située à une heure de route de Bruxelles, 30 minutes d'Aix-la-Chapelle, et 15 minutes de Maastricht. Elle appartient depuis 1976 à la région transfrontalière Euregio Meuse-Rhin.
Avec près de 200 000 habitants, la Ville atteint environ 700 000 habitants dans son agglomération. Son territoire s'étend sur 6 939 hectares et comprend, depuis la fusion des communes en 1977, les entités de Glain, Liège, Rocourt, Bressoux, Jupille-sur-Meuse, Wandre, Grivegnée, Angleur et Chênée.
Ville attractive, Liège est traversée par la Meuse du sud au nord de son territoire. Le fleuve lui offre des airs de station balnéaire, avec son port de plaisance et ses quais. Riche de son histoire, sa culture, son folklore et sa gastronomie, la Cité ardente est sans conteste une ville où il fait bon vivre. Elle est également intergénérationnelle, étudiants, travailleurs et retraités profitant des avantages qu'elle leur offre : ses festivités, son marché hebdomadaire de la Batte, ses écoles, ses hôpitaux réputés, ses infrastructures culturelles (l'ORW, l'OPRL, le Théâtre de Liège, La Boverie, la Cité Miroir, le Grand Curtius…), sa gare TGV Liège-Guillemins signée Calatrava, son long fleuve tranquille, sa liaison directe avec l'autoroute ou ses espaces verts que ce soit sur les hauteurs (bois du Sart-Tilman) ou en centre-ville (parc de la Boverie, parc d'Avroy…).
Deux marchés de l'immobilier
À Liège, les prix de l'immobilier varient selon qu'il s'agit d'appartements ou de maisons. "Cette année, le prix des maisons a peu évolué, de +1,4 % seulement par rapport à l'année dernière", explique Aline Hugé, notaire à Liège. A contrario, "on remarque, pour les appartements, une hausse de 5 %. Ces derniers ont plus de succès que les maisons car beaucoup sont neufs." Le parc immobilier des maisons est en effet plutôt vieillissant et de ce fait moins attractif. Par ailleurs, "on constate une augmentation du nombre total de ventes, ce qui est très bon signe."
Au niveau des appartements, "on a soit des appartements neufs, soit des appartements datant des années 70/80 à rénover", alors que la majorité des maisons sont "des biens qui doivent faire l'objet d'une rénovation", complète la notaire.
Selon cette dernière, le prix moyen sur le territoire de la Ville de Liège (en ce compris ses entités) est de 170 000 euros pour les maisons et de 165 000 euros pour les appartements.

Des quartiers qui ont la cote
Si on s'intéresse aux maisons au centre-ville de Liège, les quartiers du jardin Botanique, de Cointe et du Laveu "fonctionnent toujours très bien, ça reste des valeurs sûres", note la notaire. Avec ses maisons de maître, le prix d'une maison aux alentours du jardin Botanique s'élève entre 400 000 et 450 000 euros. On y retrouve également de nombreuses maisons de rapport faisant la part belle aux appartements. Cointe a pour sa part la cote avec ses maisons de standing qui dépassent les 400 000 euros. "Les prix sont moins importants" dans le quartier du Laveu, où il est possible de se procurer une maison unifamiliale de standing pour un prix situé entre 250 000 et 280 000 euros.
En parallèle, "on constate un redressement du quartier Saint-Léonard", où de nouveaux habitants s'installent après rénovation du bien. Le prix s'élève à moins de 200 000 euros à l'achat pour une maison de 3 à 4 chambres, auquel il faut ajouter le prix des travaux de rénovation qui varie selon l'état du bien. "Il s'agit ici de rénovation lourde car c'est un quartier qui a longtemps été laissé en désuétude", précise Aline Hugé. Enfin, "on remarque également un redressement du quartier de la gare des Guillemins", suite aux travaux de la gare, la Tour des Finances…
L'appartement neuf attire
Du côté des appartements, "ce qui fonctionne le mieux c'est l'hypercentre et les quais sur Meuse où le prix atteint 3 000 euros/m² pour du neuf", indique la notaire. "Les appartements neufs sur Cointe fonctionnent aussi pas mal. Le neuf attire énormément, même à des prix élevés". Pour un appartement plus ancien (années 70/80), le prix varie entre 1 500 et 1 800 euros/m² selon les travaux de rénovation à réaliser. A noter que les appartements se vendent également bien sur les territoires de Chênée et Rocourt.
Du point de vue du marché locatif, "le loyer des maisons est en augmentation car l'offre est insuffisante". À l'inverse, "le loyer des appartements a tendance à stagner voire à diminuer car l'offre est importante".
15 000 logements d'ici 2035
Afin de répondre au défi démographique de demain (45 000 logements à l'horizon 2035 dans l'arrondissement de Liège), "la ville-centre doit arriver à atteindre une production annuelle de 750 nouveaux logements (15 000 entre 2015 et 2035), soit une augmentation d'environ 50 % par rapport à la situation actuelle", explique Hervé Brichet, attaché au département Urbanisme de la Ville de Liège. Pour ce faire, la Ville entend : harmoniser le développement commercial en renforçant le commerce en centre-ville et les pôles existants ; recycler les friches économiques désaffectées à un rythme accéléré (600 hectares en 20 ans) ; ou encore développer l'agriculture alternative et les circuits courts de production alimentaire en affectant 100 hectares par an à la production locale de denrées alimentaires. La Ville repose également son développement urbain sur son projet de tramway (prévu pour 2022), sur un réseau de bus entièrement repensé, ainsi que des "corridors cyclables" et des connexions cyclo-pédestres afin de favoriser une mobilité douce.
Une politique de grands projets
À travers sa "politique de grands projets", tels que ceux menés (ou à venir) dans les quartiers de Coronmeuse, Bavière, Guillemins, Droixhe et Val Benoît, la Ville de Liège s'apprête à augmenter son offre de logements, de services, de culture et d'activités économiques, et à dynamiser les quartiers dans lesquels ils s'inscrivent, "voire à gratifier l'image de la ville entière", lui permettant d'augmenter son attractivité résidentielle et d'améliorer la mixité sociale. "La ville a également renforcé certaines exigences en matière de permis afin d'améliorer la qualité du cadre de vie des habitants", poursuit Hervé Brichet. Ces projets d'envergure (hors tram) représentent un total de plus de 100 hectares pour un investissement de 200 millions d'euros pour le public et de 700 millions d'euros pour le privé.
Verduriser les quartiers
Enfin, à l'instar du réaménagement des quais de Meuse, de la construction de la passerelle cyclo-piétonne "La Belle Liégeoise" reliant ceux-ci au Parc de la Boverie, ou encore de la future reconversion du boulevard de la Constitution (Outremeuse) en "rambla" faisant place aux piétons, "la Ville de Liège oriente depuis plusieurs années une partie importante de ses moyens dans l'amélioration des espaces publics. Elle s'est dotée d'une étude intitulée PEP's (pour Prospective Espaces publics) qui identifie les quartiers en manque de verdure et permet ainsi de prioriser les actions sur l'espace public, en ce compris privées", souligne l'attaché en Urbanisme. L'objectif annoncé de la Ville est de faire en sorte que "chaque Liégeois trouve à 10 minutes de chez lui un parc ou un espace vert" mais aussi "d'apaiser les quartiers et le piétonnier de l'hypercentre."