"Le marché immobilier belge est totalement perturbé"
Les prix de la brique belge ont continué à monter en pleine crise sanitaire mais les demandes de crédits sont en baisse.

- Publié le 26-08-2020 à 15h32
- Mis à jour le 27-08-2020 à 09h41

Libre Immo |
D'après les calculs du bureau de conseil Immotheker Finotheker, qui a réalisé une analyse sur la base des chiffres de la Banque nationale de Belgique, les candidats belges à l'acquisition d'un bien immobilier qui ont contracté un crédit hypothécaire au cours du premier semestre ont emprunté en moyenne 189 381 euros. Soit 9,2 % de plus qu'à la même période l'année dernière, où l'emprunt moyen s'élevait à 173 389 euros. "Le marché immobilier belge est totalement perturbé", observe John Romain, patron d'Immotheker. "Il est frappant de constater que les prix de la brique résidentielle ont continué à augmenter, même en pleine crise du coronavirus."
Ainsi, en avril et mai, en plein confinement, l'emprunt moyen a augmenté pour atteindre 191 956 euros (+10,2 % par rapport à la même période en 2019). Après la fin du confinement en juin, l'emprunt moyen a encore augmenté, à 195 000 euros (+11,3 % par rapport à l'année précédente). Le montant emprunté pour une nouvelle construction a, lui, explosé, boosté par une hausse de 15,7 % en juin pour s'élever désormais à 212 750 euros. Pour John Romain, "les vendeurs ont clairement les cartes en main, ce qui se traduit par des prix plus élevés. La raison ? La loi du marché, la demande supplante l'offre. "Beaucoup d'acheteurs ne trouvent tout simplement pas de logement", acquiesce le patron d'Immotheker.
Selon lui, la cause principale est la suppression du bonus logement en Flandre, qui a provoqué une ruée sur l'immobilier à la fin de l'année dernière. Au cours des trois derniers mois de 2019, 25 % de crédits immobiliers supplémentaires ont été demandés par rapport à la même période l'année précédente. Ce qui signifie qu'en 2019, 30 000 logements de plus ont été vendus qu'en 2018 et ont pour ainsi dire disparu du marché en 2020. Mais le problème est aussi structurel, pointe John Romain. "En Flandre, il n'y a pas assez de nouveaux logements pour répondre à la demande." Le nombre de bâtiments fermés, semi-ouverts et ouverts est resté plus ou moins stable en 2019, selon les chiffres du SPF Économie. Seule l'offre d'appartements a augmenté (+3,6 %). "C'est dû aux investisseurs qui placent leur argent dans l'immobilier car leur épargne ne leur rapporte rien."
Moins d'emprunts contractés
En raison de la rareté sur le marché immobilier et du resserrement du crédit de la Banque nationale, les acheteurs potentiels sont moins nombreux à trouver un logement, ce qui se traduit également par une diminution du nombre de demandes d'emprunts. Au cours des six premiers mois de l'année, les demandes de crédits immobiliers ont diminué de 19,9 % en Belgique par rapport à la même période l'année dernière. Au cours du seul premier trimestre, avant le déclenchement de la crise sanitaire, la demande d'emprunts avait déjà chuté de 16,6 %. En avril et mai, les demandes de crédits se sont écroulées de 42,4 % par rapport à la même période en 2019. En juin, toutefois, il y a eu une reprise, avec une augmentation de 17 % du nombre de demandes de prêts.
