"À Mons, le maître-achat, c'est la maison classique deux façades : ce sont les biens les plus nombreux et les plus abordables"
Les besoins et les envies ne sont plus les mêmes chez les acheteurs, mais tout le monde y trouve son compte.

- Publié le 21-09-2022 à 14h02
- Mis à jour le 21-09-2022 à 16h26

Libre Immo | Le zoom
Mons est la cité du Doudou, chef-lieu de la province de Hainaut et fief de plusieurs personnalités politiques qui rythment notre actualité, comme Elio Di Rupo ou encore Georges-Louis Bouchez. On parle donc d'une ville vivante où habitent un peu moins de 100 000 personnes. Une ville historique, aussi, où plusieurs nouveaux quartiers côtoient le centre historique. De quoi offrir une foule de possibilités au niveau immobilier, mais aussi attirer différents profils d'acheteurs et d'investisseurs. Et l'activité commerciale semble également dynamiser le marché, avec le shopping Les Grands Prés comme meilleur exemple. " On peut réellement parler de nouvelle ville, avec un quartier résidentiel qui s'y est collé au fur et à mesure et qui attire des acheteurs privés, mais aussi des investisseurs , explique le notaire Sylvain Bavier, actif à Mons. La nouvelle ville et l'ancienne ville seront, de plus, bientôt reliées par la fameuse passerelle de la gare de Mons. Ceux qui vivent dans cette nouvelle ville ont tout ce qu'il faut autour d'eux, on parle d'une extension réelle de la ville, avec des commerces et de l'habitat. "

Immobilier neuf
Un quartier qui attire surtout des personnes plus âgées à la recherche de facilités et de vie autour de leur logement, comme l'indique Alban Fridenbergs, patron de l'agence immobilière du même nom. " La ville s'est transformée au cours des dernières années suite au développement des Grands Prés et du parc industriel et d'habitations attenant , note-t-il. L'immobilier neuf qui vient se greffer aux abords de la nouvelle ville attire beaucoup d'investisseurs, mais aussi des pensionnés et des personnes seules qui ont besoin de sécurité, de calme et de commerces de proximité. On y trouve essentiellement des appartements neufs, de 80 à 100 mètres carrés. "
Mais l'activité immobilière ne se résume pas aux Grand Prés, loin de là. Mons offre un éventail assez large de possibilités, mais aussi de gammes de prix, le tout avec une disposition atypique. " Le raisonnement urbanistique qui s'est développé au fil du temps est assez spécial et définit donc le marché immobilier , convient Me Sylvain Bavier. En partant du centre historique, on peut découper le paysage en couronnes. Dans le centre, on retrouve des immeubles exceptionnels, avec des maisons de maître et d'anciens hôtels à des prix élevés. Ensuite, la première couronne, qui correspond au petit ring de Mons, propose des logements plus abordables. On parle de maisons moins exceptionnelles au niveau architectural, surtout de maisons deux façades ouvrières ou de petites maisons bourgeoises. Le bémol, c'est que la circulation y est plus importante, et qu'il est difficile d'y garer une voiture."

Des quartiers plus prisés
Plus on s'éloigne du centre, plus le marché se diversifie. " Autour des grands boulevards, on va trouver de plus grosses maisons, à des prix potentiellement élevés , résume le notaire. En s'éloignant encore un petit peu, on aborde les quartiers les plus prisés, vers Binche, Saint-Symphorien ou encore Hyon, qui est the place to be pour le moment, avec des écoles et des facilités. On parle d'un coin plutôt campagnard, avec des quartiers résidentiels et calmes. L'autre gros avantage, c'est l'accès à l'autoroute qui permet d'éviter le centre-ville et d'arriver facilement à Bruxelles. "
"On y fait peu de ventes car il y a peu de biens qui se libèrent dans ces quartiers, mais dès qu'une possibilité se présente, les prix gonflent et il y a beaucoup de déçus. On arrive facilement à des prix qui dépassent le prix de départ de 10, 15 ou 20 % ", complète Alban Fridenbergs.
Plus à l'ouest du centre-ville, des quartiers comme ceux de Ghlin ou Jemappes partent avec une longueur de retard, mais offrent eux aussi des possibilités, notamment pour les jeunes couples. " Les prix y sont beaucoup plus abordables , acquiesce Sylvain Bavier. On parle du Borinage et d'anciens quartiers miniers, avec des petites maisons mitoyennes. Ceci dit, on peut y trouver d'anciennes maisons de maître plus importantes à prix réduit. "
Des réalités qui sont donc variées et marquées par l'histoire de la cité du Doudou, alors que l'actualité joue aussi un nouveau rôle sur le marché. Car après celle du Covid, la crise énergétique redistribue les cartes. " À la sortie du premier confinement, le marché a, comme partout, connu un grand boom , rappelle le notaire. Dans le Hainaut, les prix ont augmenté de 12 % et les gens étaient attirés par les maisons avec jardin. Aujourd'hui, la crise énergétique vient se greffer sur l'activité immobilière. Dans les demandes des acheteurs, il y a une attention particulière pour la qualité énergétique du bien, mais ce sont surtout l'augmentation des taux d'intérêt qui découlent de l'inflation qui changent la donne. Depuis le début de l'année, le marché connaît un léger ralentissement. Tout prend plus de temps et les biens sont moins bien vendus, si je puis dire. "
Une attention particulière pour le PEB
Sur le terrain, l'agent immobilier Alban Fridenbergs observe aussi ce phénomène. " Les taux d'intérêt ont parfois quadruplé et les banques ne prêtent bien souvent que 80 ou 90 % de la valeur totale du bien. Cela veut dire que le marché immobilier va devoir revenir à la norme de l'avant Covid-19, avec des prix plus abordables. On a vu une flambée parfois jusqu'à 20 %, et tout a suivi derrière. L'engouement est occupé à se calmer, et on revient à la normale , analyse-t-il. Ce qu'on remarque ces derniers mois, c'est que les bâtiments avec un mauvais PEB sont moins demandés par crainte de futures taxes, mais aussi et surtout de factures d'énergie qui flambent. Les jeunes qui avaient tendance à acheter une maison à rénover se tournent plutôt vers des biens déjà rénovés. On sent la crainte de l'explosion du prix des matériaux, et c'est la même chose pour le marché des biens neufs. "
Et quand il s'agit de dresser le portrait-robot du bien le plus prisé à Mons, les réponses vont dans tous les sens. " Vous l'aurez compris, on a une ville très hétéroclite , sourit Sylvain Bavier. Mais dans tous les cas, le maître-achat c'est la maison classique deux façades. Ce sont les biens les plus nombreux et les plus abordables sur le marché. "
Alban Fridenbergs pointe, lui, les différences générationnelles entre les acheteurs. " Le neuf, et surtout les appartements, va attirer les 60 ans et plus, et la maison qu'ils vendent va intéresser les jeunes. Je dirais d'ailleurs qu'aujourd'hui, le temps d'un seul bien pour toute une vie est terminé. Chaque étape de vie a sa maison ou son appartement."