Quelles sont les avenues les plus chères du monde ?
Libre Immo | Le Dossier. Grâce au succès du luxe et à la solidité du dollar, la Fifth Avenue new-yorkaise est redevenue la plus chère au monde.

- Publié le 08-12-2022 à 14h36

La Fifth Avenue à New York, solidité du dollar américain oblige, a repris la première place (à plus de 21 000 euros/m²/an) ; Hong Kong a réussi à se maintenir dans le haut du classement - en 2e position - grâce à un arrimage de son dollar à son homologue américain, mais avec la Tsim Sha Tsui (15 135 euros/m²/an) et non pas avec l'incontournable Causeway Bay ; en troisième position vient la Via Montenapoleone de Milan (14 550 euros/m²/an) qui, pour la première fois, est la rue commerçante la plus chère d'Europe, dépassant New Bond Street à Londres (n° 4) et l'Avenue des Champs Elysées à Paris (n° 5). Les changements dans le top 5 des rues commerciales les plus chères du monde font figure de bouleversements !
Dans le rapport phare de Cushman&Wakefield Main Streets Across the World, analysant les principales artères commerciales de 92 pays, c'est le Meir anversois qui représente la Belgique, et non pas la rue Neuve bruxelloise, moins chère. Mais ce n'est pas neuf. Le Meir aligne un tarif de 1 552 euros/m²/an, ce qui le situe à la 26e place.
Reprise des loyers
Annuel et lancé pour la première fois en 1988, le Main Streets a perdu deux éditions, en 2020 et 2021. "Ce qui permet de comparer les performances avant et après la pandémie", insiste le consultant dans son communiqué. "Le secteur a subi l'un des plus grands stress tests imaginables au cours des dernières années, mais l'immobilier de détail le plus performant est resté robuste", ajoute-t-il. Il note toutefois que, face à de nouveaux défis économiques, les retailers sont passés "du pessimisme à l'évolution omnicanale du commerce de détail. […] Nous sommes confiants dans la résilience du secteur, en particulier à l'extrémité du luxe, et dans les principales villes de destination mondiale."

Ce que confirment les loyers qui, dans ces rues de grand passage, ont baissé de 13 % en moyenne au plus fort de la pandémie de Covid-19, pour rebondir "à seulement 6 % en dessous des niveaux d'avant la pandémie." Une grande partie de cette amélioration a eu lieu en 2021 et au début de 2022 avant que les vents contraires de l'économie mondiale ne commencent à avoir un impact négatif sur les marchés au cours des six derniers mois, précise C&W. Du côté du Meir anversois, le recul entre 2019 et 2022 est de 9 %, tenant compte d'un rattrapage sur un an de 4 %.
Le luxe s'est mis à l'e-commerce
Le courtier s'est également intéressé aux marques de luxe pour lesquelles, comme pour les autres enseignes, la demande a chuté pendant la pandémie. À ceci près qu'elles en ont profité, en quelque sorte, pour améliorer leur expérience en ligne et maintenir leurs relations avec leurs clients. "Depuis lors, conclut C&W, le marché des produits de luxe a fortement rebondi et certains détaillants se retrouvent dans une meilleure position qu'ils ne l'étaient avant la pandémie." C'est le cas des conglomérats de luxe tels que LVMH, Hermès ou Richemont dont les ventes trimestrielles ont augmenté de plus de 20 % par rapport à la fin de 2019. Des marques comme Pateck Philippe ou Rolex, qui craignaient le commerce électronique, ont ainsi pris le virage. À l'inverse d'un Chanel qui préfère toujours les briques.
La crise actuelle touchant davantage les revenus moyens et faibles, Cushman&Wakefield n'hésite pas à prédire que les acheteurs fortunés vont continuer à dépenser et que les commerces de luxe resteront performants.