Au Texas, une ville fantôme à vendre ce mois de juin pour 100 000 dollars
L'acquéreur potentiel devra aussi lui offrir des perspectives d'avenir à Lobo.
- Publié le 11-06-2023 à 16h13

Le Wall Street Journal a mis en évidence il y a quelques jours une vente foncière intrigante pour 100 000 dollars, trois investisseurs ont mis en vente la ville de Lobo, au fin fond du Texas. Située le long de la route US 90 qui traverse le sud des États-Unis, reliant sur 2 600 kilomètres Jacksonville en Floride à San Antonio au Texas, elle est à vingt minutes de voiture de la ville de Van Horn, connue pour abriter le pas de tir des fusées Blue Origin, société de Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon.
De l'eau dans le désert
Un paradis perdu ? Si, dans le contexte de manque de biens immobilier à vendre aux États-Unis, on pourrait imaginer le potentiel d'une belle rénovation des bâtiments existants à Lobo, c'est quand même le désert, tout autour. Mais historiquement, la ville est née autour d'un relais postal installé au bord de la route, pour devenir par la suite une étape pour les voyageurs, et accueillir des habitants. Pourquoi, à Lobo (le loup en espagnol) ? Parce qu'on y trouve une rare nappe aquifère, les "Puits Van Horn". Une réelle richesse dans cet environnement aride. Évidemment, depuis, les temps ont changé, le courrier est transporté par camions, et même la station-service de Lobo n'a plus de raison d'être.
Le Wall Street Journal rapporte, sous la plume d'Adolfo Flores, qu'un entrepreneur a racheté la ville abandonnée dans les années '70 et a tenté de relancer l'activité en rouvrant le magasin au bord de la route. En 1976, le magasin disparaît dans les flammes, et Lobo est remise en vente en 1988. En 1991, le dernier habitant de la ville la quitte. Et c'est un certain Alexander Bardoff originaire de Francfort – il a 70 ans aujourd'hui, qui en devient propriétaire avec deux amis pour 20 000 dollars.
Un plan de relance artistique
C'est lui qui reçoit les acheteurs potentiels depuis quelques jours, jusqu'au 24 juin, échéance à laquelle il devrait avoir isolé l'acheteur le plus crédible. Les candidats sont bien au rendez-vous, qui ont campé sur place, s'installant dans les bâtiments décrépits. Les uns pensent développer une communauté autonome en nourriture cultivée sur place, d'autres rêvent d'une ville dédiée aux activités artistiques. Historiquement, la ville abandonnée a déjà été le théâtre de festivals musicaux, de projections de films ou de tournages. C'est que sur ses quelque 40,500 m2, la ville compte des bâtiments en dur, une piscine (à rénover…), une station-service visible depuis la route, avec un imposant auvent.
Mais pour Bardoff, l'important est de s'imprégner de l'esprit de la ville, son âme, pour la faire revivre. Au journaliste du Wall Street Journal, il a confié en pleurant qu'il considérait Lobo comme son enfant, et que lui et ses deux compères essayaient aujourd'hui de lui trouver de nouveaux bons parents.
