Immobilier : "Dire que le Brabant wallon est inaccessible est une ineptie"
Le Brabant wallon reste la province la plus chère de Wallonie, tant pour les maisons que les appartements. Mais avec des réalités de prix très contrastées par commune.

- Publié le 12-02-2024 à 18h34

L'année 2023 a été une mauvaise année sur le front immobilier, les taux des crédits hypothécaires (passés de 1,4 % au début 2022 à quelque 3,7 % en novembre de l'année dernière), couplés à une importante inflation (environ 14 %) en 2022 et 2023, ayant refroidi de nombreux acheteurs. Mais cette mauvaise passe, ressentie à la fois dans le nombre des ventes (-15 % en Belgique) et les prix des transactions cache des situations très contrastées sur le plan plus local. C'est un des messages qu'ont voulu faire passer les notaires du Brabant wallon, à l'heure de publier leur traditionnel "Baromètre immobilier 2023".
1. Une province avec des réalités très contrastées
Premier enseignement, le Brabant wallon est resté assez recherché en 2023 : les ventes y ont été en baisse de "seulement" 8,1 %, contre -12 % en Wallonie et près de -17 % en Flandre.
Deux : les prix des transactions sont demeurés assez stables dans la province. Mais ils cachent des réalités contrastées d'une commune à l'autre. Évidemment, le Brabant wallon reste une des provinces les plus chères de Belgique et, de loin, la plus chère de Wallonie, avec des prix médians (1) de 375 000 euros (stable) pour les maisons, et de 245 000 euros (-3,5 %) pour les appartements. Sur cinq ans, ces prix médians ont augmenté de 19 % pour les maisons et de 10 % environ pour les appartements – des chiffres dont il faut retirer l'inflation (18,2 % environ) pour obtenir une variation "nette".


Mais le Brabant wallon n'est pas uniforme, il se caractérise par trois zones géographiques assez distinctes : le nord et le centre de la province (Lasne, Waterloo, La Hulpe…), avec des prix de maisons entre environ 420 000 et 625 000 euros ; les communes limitrophes à cette première zone (Braine-l'Alleud, Genappe, Wavre, Court-Saint-Etienne…) avec des prix oscillant entre environ 350 000 et 400 000 euros ; et les communes aux extrémités de la province (Rebecq, Tubize, Hélécine, Incourt…) où les prix des maisons sont compris entre environ 272 000 et 340 000 euros.
2. Quid de l'âge des acheteurs ?
Le Brabant wallon, province "chère", a aussi la réputation d'être une province assez "vieille". Confirmation : l'âge moyen de l'acheteur y est de 42 ans (stable), contre 39 ans au niveau belge. C'est la province wallonne recelant le plus d'acheteurs de plus de 65 ans (5,9 %) et le moins d'acheteurs de moins de 30 ans (18,6 %, contre 29,3 % en Belgique).
3. Une province qui reste "accessible"
Mais que retenir de tous ces chiffres ? "Il est en tout cas faux de dire que le Brabant wallon est inaccessible", a souligné, lundi, Axelle Laine, notaire associée à Genappe, en analysant les chiffres de manière plus approfondie. Dans de très nombreuses communes de la province, les prix sont en baisse et restent modérés, ont souligné ses collègues présents. Jodoigne, Rebecq, Tubize, Orp-le-Grand… restent des communes où plus de 75 % des maisons se vendent à un prix inférieur à la médiane de la province (375 000 euros). "Bien sûr, il faut être attentif à des questions importantes, comme les possibilités de mobilité (gares, fréquences…), remarque de son côté, Jean-Paul Mignon, notaire honoraire. Et aux jeunes qui veulent rejoindre notre province, je conseille d'agir selon la stratégie du 'saut de puce', précise-t-il, soit acheter d'abord "petit" et envisager par la suite d'acheter plus grand, en fonction de l'évolution de ses moyens financiers. "Mais dire que le Brabant wallon est inaccessible est une ineptie", estime-t-il
(1) Le prix "médian" signifie que 50 % des transactions ont lieu à un prix supérieur et 50 % à un prix inférieur.