Dunes, démolitions et villas modernes : ce que La Panne et Coxyde ont en commun
La Panne et Coxyde n'ont pas connu la même frénésie immobilière. Mais depuis le décret sur les dunes, leur évolution architecturale présente de nombreuses similitudes.

- Publié le 12-07-2025 à 10h09
- Mis à jour le 12-07-2025 à 17h34

Il y a davantage de points communs entre La Panne et Coxyde qu'on l'imaginerait au départ. Si leur évolution immobilière s'est faite très différente avant 1995, après il y a de véritables similitudes. "En cause, insiste Bart Van Opstal, la forte présence, dans leur environnement, de dunes, inconstructibles depuis la sortie du décret des dunes en 1994. L'expansion en a été d'office limitée." Résultats, depuis trente ans les deux communes ont largement joué la carte des démolitions-reconstructions, optant de surcroît pour le même style 'grosses villas divisées en appartements'. "Ce qui ne plaît plus aux candidats acquéreurs d'aujourd'hui, indique pour sa part Vincent Beuten, propriétaire du réseau d'agences Era Servimo (10 agences sur la côte). Ces grosses villas présentaient pour désavantage d'avoir des toits pentus, peu de lumière, pas d'ascenseur et des duplex aux derniers étages. Ce qu'ils veulent désormais, ce sont des appartements pratiques, de plain-pied, avec des murs droits, de grandes fenêtres vitrées et des toits plats pour abriter des panneaux solaires… Sans pour autant ressembler aux blocs carrés d'antan."
La Panne et son Westhoek
"Je dirais que ces deux stations ont opté pour une densification plus mesurée, plus conservatrice en matière de densification que Nieuport, par exemple", reprend le notaire. Très certainement à La Panne, qui, dans les années 60-80 a eu son lot de gros immeubles et, depuis, a évité les trop gros projets.
Si, au moment du boom de 2021, qui a vu le nombre de transactions à la Côte augmenter de 13,4 % par rapport à 2020, La Panne s'est contentée d'un petit +8,4 %, "ce n'est pas faute de demandes ou d'intérêt, mais bien faute d'offres". "Mais les choses changent, ajoute l'agent immobilier. Le nouveau collège des bourgmestre et échevins veut remettre La Panne dans le circuit. Et, surtout, attirer une autre clientèle, plus haut de gamme. Il est donc plus exigeant en termes esthétiques et plus tolérant en matière de hauteur." Les projets actuellement en cours de construction en sont la preuve, présentant un style plus contemporain. C'est le cas de la Résidence Mond'eau (9 niveaux dont certains en reculs, d'autres désaxés, 34 appartements d'une à trois chambres, grandes terrasses) qui a trouvé place en deuxième ligne. Ou encore de la Résidence Aquamarijn, tel un phare à l'entrée de la station en venant de Coxyde (11 niveaux, vue latérale sur la mer).
S'ils restent accessibles en termes de prix (entre 3 500 et 4 000 euros/m² en moyenne), "c'est parce que le foncier est plus abordable à La Panne qu'ailleurs", note Vincent Beuten.

Coxyde, trois stations en une
Ce qui est moins le cas chez sa voisine où l'offre 'moyen-haut-de-gamme' est proposée entre 5 000 et 6 000 euros/m² en moyenne. Très certainement à Coxyde, où les grues se multiplient, au pied de moult projets baptisés Parc Avenue, Cameron, Tropic Suites, Résidence Lucy, Dune… un peu moins du côté de Saint-Idesbald et d'Oostduinkerke "où les tarifs sont à la hauteur de ceux de Nieuport ou de Knokke-Heist. Il n'est pas rare de trouver à Saint-Idesbald des prix entre 7 000 et 9 000 euros du mètre carré, et à Oostduinkerke des tarifs supérieurs à 10 000 euros du mètre carré, jusqu'à 12 000, pour peu que le projet soit bien situé." C'est entre autres le cas du très exclusif quartier nommé Saint-André, entre la route Royale et la mer, au cœur de dunes magnifiques entre Oostduinkerke et Coxyde, où les projets se multiplient, plus contemporains et japonisant les uns que les autres, comme la Villa Nola ou la Villa Phlox.

"Beaucoup de projets ont été lancés en même temps, temporise le patron de Era Servimo. On frise la suroffre. Alors qu'avant on arrivait à vendre 25 à 35 % des surfaces sur plan, aujourd'hui c'est plus difficile. Les candidats comparent les offres, les localisations, et, surtout, les cahiers des charges." Les prix ne sont pas à la baisse, mais ils se stabilisent. "Les projets AAA en termes de situation, d'architecture et de performances énergétiques se vendent bien. Ils ont leur public. Pour les autres, le marché se calme." Notamment parce que les prix ont atteint de tels niveaux qu'ils n'offrent plus de rentabilité aux investisseurs. "Ils achètent au titre de seconde résidence ou, si l'âge de la pension se profile, de future première résidence, pas dans le but d'une mise en location."

Comme les autres stations de la Côte belge, La Panne a forgé son parc immobilier dans les années 60, 70 et 80, à coups de gros immeubles dans les dunes. En 1994, le décret des dunes a pesé de tout son poids : sur les trois dernières décennies, le bâti a été modestement complété par des maisons (29 par an en moyenne) et par des petits immeubles (153 appartements par an). Sur plus de la moitié des 29 années de ce graphique, la commune a autorisé moins de 10 immeubles.

En 29 ans, Coxyde a autorisé près de 10 000 appartements neufs (344 par an) et autour de 2 000 maisons (71 par an). Par comparaison avec ses consœurs, elle a eu une plus longue période de fièvre constructive, de 2002 à 2012 (avec 38 immeubles à appartements autorisés/an). S'en est suivi un ralentissement jusqu'en 2019 (18,6/an), avant un nouveau boom à partir de 2020. Mais dans l'ensemble, il s'agit de petits immeubles de moins de 10 unités.
Série d'été | Le sable et la brique (1/6)
Pendant une semaine, La Libre Eco se penche sur l'immobilier à la Côte. Activité immobilière, nouvelles constructions, grands projets… Selon quelle dynamique évoluent les principales villes et communes côtières, de La Panne à Knokke-Heist ? Réponses dans cette première série d'été.
- Ce samedi : La Panne et Coxyde
- Lundi : Nieuport et Middelkerke
- Mardi : Ostende
- Mercredi : Bredene et Le Coq
- Jeudi : Blankenberge et Zeebrugge
- Vendredi : Knokke-Heist