Rénovation énergétique : quelles primes sont encore disponibles en Wallonie ?
Le dossier de La Libre Immo | Les primes sont moins généreuses mais sont toujours là. Le système actuel doit prendre fin dans un an.
- Publié le 17-10-2025 à 12h04

Début 2025, le gouvernement wallon a fortement réduit les primes accordées dans le cadre d'une rénovation énergétique. Selon Cécile Neven, la ministre wallonne de l'Énergie (MR), le système avait complètement dérapé budgétairement et ne pouvait pas être maintenu.
Néanmoins, il reste encore des primes à aller chercher pour les Wallons. Explications.
"Dans le nouveau système, il faut avoir des revenus en dessous de 114 400 euros pour prétendre à une prime, nous explique Julie Heidebroek, du bureau d'audit et d'architecture Ener'j, en région liégeoise (Faimes). Auparavant, il n'y avait pas de limite de revenus pour bénéficier du montant de base." Depuis la réforme, la prime de base est réservée aux assemblées de copropriétaires.
Les primes sont donc toujours liées aux revenus. Le montant de base est multiplié par deux, trois, quatre ou six (en fonction des revenus imposables de l'avant-dernière année qui précède la demande de prime).
Pour une pompe à chaleur, la prime est actuellement comprise entre zéro et 3600 euros, à comparer à un montant compris entre 1500 et 9000 euros avant la réforme.
"Auparavant, il y avait un plafond supplémentaire correspondant à 90 % de la facture, ajoute Julie Heidebroek. Depuis la réforme, ce plafond a été abaissé entre 50 et 70 % du montant de la facture, en fonction des catégories de revenus."
Quelles sont les démarches à effectuer ?
"Pour toutes les primes, sauf l'isolation de la toiture, un audit doit être réalisé avant le début des travaux, déclare Julie Heidebroek. Pour éviter les problèmes, il vaut mieux spécifier à l'auditeur tous les travaux pour lesquels une prime est susceptible d'être demandée. On peut toujours inclure des travaux qu'on n'est pas certain de réaliser, au cas où, l'objectif de l'audit étant de montrer tout le potentiel du bâtiment. J'ajoute souvent l'isolation des vides ventilés, un travail qui est simple à réaliser et auquel on ne pense pas souvent."
En outre, "une attestation de conformité du système électrique ou de gaz doit être jointe à la première demande de prime." Si des travaux sont nécessaires pour rendre les installations conformes, ils peuvent également bénéficier d'une prime.
Il est d'ailleurs possible de demander la prime après la réalisation de chaque travail ou d'un seul coup, quand tous les travaux sont réalisés. Notons qu'un audit est valable huit ans et que les primes doivent être réclamées dans un délai de deux ans après la facture de clôture des travaux.
"Les démarches sont lourdes et il y a, actuellement, un délai de traitement des dossiers de un an et demi", ajoute Julie Heidebroek.
Isoler le toit ou les faux plafonds ne coûte pas très cher et cela permet de faire de grosses économies sur sa facture d'énergie"
Réfléchir avant de se lancer
Avant de se lancer, il vaut mieux vérifier si les primes couvrent, au minimum, le coût de l'audit (entre 1000 et 1500 euros). "C'est au cas par cas, explique Julie Heidebroek. Suivant le type de travaux à réaliser, la surface, la catégorie de revenus, il arrive que le client considère que le montant de la prime et les démarches à effectuer n'en valent pas la peine. En revanche, en cas de rénovation importante, la réalisation de l'audit sera remboursée par les primes". Il y a en effet des primes pour l'électricité, pour le changement du système de chauffage, pour l'isolation du toit et des murs, le remplacement des châssis, la ventilation…
Par ailleurs, le mécanisme actuel doit être remplacé par un nouveau régime de primes à partir du 1er octobre 2026. Sera-t-il plus ou moins intéressant ? "On n'en sait rien mais, à mon avis, les primes pourraient encore baisser, s'avance Julie Heidebroek. Le gouvernement wallon annonce un régime dit global mais nous n'avons encore aucune information sur son contenu."
Mais qu'en est-il de la rentabilité des investissements ? Les économies d'énergie remboursent-elles toujours l'investissement initial ?
Pour le passage d'une chaudière fossile avec un bon rendement à une pompe à chaleur, on sait que l'investissement sera très difficilement rentabilisé. En effet, l'électricité est aujourd'hui beaucoup trop chère, par rapport au mazout et au gaz.
En revanche, l'isolation d'un bâtiment peu isolé peut être rapidement rentabilisée. "Isoler le toit ou les faux plafonds ne coûte pas très cher et cela permet de faire de grosses économies sur sa facture d'énergie", explique Julie Heidebroek.
Quant à l'isolation des murs, tout dépend de la technique utilisée et de son coût. "Sur une grosse rénovation, où l'on peut se permettre d'isoler par l'intérieur parce que l'on refait tout, le coût de l'isolant n'est pas important, développe notre experte. En revanche, une isolation des murs par l'extérieur peut faire monter la facture en fonction du parement utilisé." Le crépi étant la solution de parement la moins coûteuse mais il ne plaira pas à tout le monde ou ne sera pas autorisé dans certaines communes.
En revanche, remplacer des châssis double vitrage par du double vitrage plus performant ne permet pas toujours de faire de grosses économies. "Si le châssis remplacé a moins de 25 ans et est en bon état, on ne verra pas une grosse différence", précise Julie Heidebroek.
Notons qu'il est aussi possible de demander des prêts à taux zéro à la Région wallonne sous certaines conditions. Jusqu'à deux enfants, la demande doit être formulée auprès de la Société wallonne du crédit social et, à partir de trois enfants, aux Fonds du logement des familles nombreuses.
