Que retenir de l'année 2016 sur le plan économique?
Sans doute le sentiment pour beaucoup d'une année de ruptures, de perte de repères, voire de saut dans l'inconnu.
- Publié le 25-12-2016 à 11h54
- Mis à jour le 25-12-2016 à 11h56

Que restera-t-il de l'année 2016 ? Sans doute le sentiment pour beaucoup d'une année de ruptures, de perte de repères, voire de saut dans l'inconnu.
Une année éprouvante, souvent tragique, marquée par ce terrible conflit syrien dont on ne voit plus le bout mais aussi par ces guerres oubliées - au Yémen, en Somalie,… - qui ont petit à petit disparu des écrans radar de la planète médiatique. Une année aussi, une nouvelle fois, endeuillée par le terrorisme : notre pays a lui aussi payé un lourd tribut à ce fanatisme devenu une menace mondiale autant qu'un défi lancé à l'équilibre de nos démocraties. Une année qui aura aussi été celle de toutes les surprises - ne pensons qu'au choc du Brexit ou à la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine - illustrant le fossé entre les aspirations ou les désillusions des populations et des forces politiques "traditionnelles" de plus en plus décriées, parfois carrément discréditées. Un vent mauvais de populisme et de nationalisme s'est levé en Europe, surfant sur les amalgames, jouant sur les peurs, cherchant à tout prix un bouc émissaire à toutes nos frustrations ou craintes du lendemain.
Sur le plan économique, notre pays a aussi été le théâtre de plusieurs grosses casses sociales. Des restructurations majeures, dans la finance et l'industrie, qui témoignent de mutations profondes en cours dans le monde du travail. Mais cette année 2016 aura aussi été celle de l'innovation, de la créativité, des start-up, de la montée en puissance des symboles de l'économie collaborative autant que de l'économie numérique.
Retour sur ces événements qui ont fait 2016
Le choc
Les attentats du 22 mars
Chacun se souvient précisément de ce qu'il faisait le 22 mars dernier au début de la matinée. Sous le coup de 7h58, une première bombe explose dans le hall de l'aéroport de Bruxelles-National, suivie d'une deuxième quelques minutes plus tard. A 9h11, c'est le centre de la capitale belge qui est touché avec une explosion dans la station de métro Maelbeek. Ces attentats, revendiqués par l'organisation terroriste Etat islamique, feront 32 morts au total. Ils paralyseront aussi une partie de l'économie belge pendant des semaines. Un temps arrêtés, les vols depuis l'aéroport de Zaventem reprendront de manière chaotique, avec des files gigantesques à l'entrée du hall des départs.
On ne l'avait pas prévu
Brexit (23 juin)
Une courte majorité (52 %) de Britanniques se prononce en faveur d'une sortie de l'Union européenne. Ce "No" historique fait une première victime : David Cameron, contraint de quitter le 10 Downing Street. En juillet, Theresa May est investie Première ministre, à charge pour elle de négocier les conditions du divorce avec les 27 autres Etats membres de l'UE . Pour l'heure, l'économie britannique, profitant d'une livre sterling dépréciée, fait preuve de résilience. Mais le vent devrait tourner en 2017, avertissent de nombreux économistes.
And the winner is… Donald Trump (8 novembre)
La victoire du candidat républicain Donald Trump aux élections présidentielles a pris de court le monde financier qui se préparait à travailler dans un environnement politique stable à partir de 2017. Mais les perspectives de politique fiscale et de travaux d'infrastructure à grande échelle évoquées par Donald Trump ont encouragé les investisseurs. En un mois, Wall Street a gagné près de 10 %.
Série noire
Caterpillar (2 septembre)
Stupeur sur le site de Gosselies : la multinationale américaine décide de fermer le site belge, jugé trop coûteux dans un secteur qui souffre de surcapacités. Au total, ce sont 2 200 emplois directs qui passent à la trappe.
AXA (5 septembre)
La filiale belge du géant français annonce son intention de supprimer 650 emplois. Les temps sont durs pour les assureurs confrontés à un contexte de taux bas.
P&V (13 septembre)
Quelques jours seulement après Axa Belgium, c'est P&V qui dévoile un plan qui se traduira par la perte de 300 emplois à l'horizon 2020.
ING (3 octobre)
Stupeur dans le monde bancaire belge : ING, dont la communication fut très chaotique, annonce un méga plan de restructuration qui se traduira à terme par la perte de 3 150 emplois au sein de l'enseigne au lion, dont 1 700 licenciements. Le réseau d'agences sera drastiquement rationalisé. Le secteur financier belge vit sa pire restructuration.
Crelan (26 octobre)
L'automne aura décidément été socialement destructeur dans le secteur financier belge. La banque coopérative Crelan devra elle aussi maigrir : 160 emplois disparaîtront au cours des quatre prochaines années.
Coup d'envoi
Docks Bruxsel ( 21 octobre)
Il a été lancé en même temps que les deux autres, mais sa plus petite taille l'a amené à arriver le premier sur la ligne des shopping centers au nord de Bruxelles, avant Neo sur le plateau du Heysel (espéré pour 2021) et Uplace à Machelen (annoncé pour 2019). Le premier week-end a été mirifique : 200 000 visiteurs sur 4 jours. Alors que Docks Bruxsel en attend 7 millions par an. Et encore, dans 3 ans. Depuis, il peine un peu : hormis chez Kiabi, les chalands sont rares. Pour preuve, le parking payant est devenu gratuit. Pour les seules Fêtes ?
