Revue boursière: Les effets des promesses de Donald Trump s'estompent
- Publié le 25-02-2017 à 07h54
- Mis à jour le 25-02-2017 à 07h56

Les investisseurs commencent à prendre leurs bénéfices.Les opérateurs actifs sur les marchés boursiers ont commencé cette semaine à alléger les positions les plus juteuses de leurs portefeuilles en prévision d'un changement de météo financière. C'est que la saison des giboulées est proche, et les espoirs qui ont nourri la hausse des valeurs ces derniers mois commencent lentement à s'estomper.
On pense ici aux promesses électorales de Donald Trump qui a ranimé quelques fois déjà l'enthousiasme des investisseurs en évoquant un véritable tsunami fiscal propre à relancer durablement l'économie américaine. Parmi ces propositions, l'entourage du nouveau président a répété la volonté de ce dernier de déréguler partiellement le secteur financier, ce qui a soutenu les banques. Enfin, Steve Mnuchin, secrétaire américain au Trésor, a évoqué le principe d'une croissance durable de l'ordre de 3 %.
La longue attente
Mais fondamentalement, l'attente commence à être longue, et apparemment, on n'en saura pas plus sur les fondements de la réforme fiscale américaine avant l'été. De quoi laisser le temps aux gestionnaires de procéder à un premier nettoyage de leurs portefeuilles et, qui sait, à une première rotation sectorielle lourde. C'est d'autant plus crédible que la publication cette semaine des minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale (Fed) a renforcé le sentiment que la prochaine hausse des taux de référence de l'institut d'émission aura bien lieu en mars au terme du prochain Comité de politique monétaire. On sait que trois resserrements ont été envisagés en 2017. Ce premier tour de vis porterait la fourchette de taux à court terme de 0,50- 0,75 % à 0,75-1 %.
Ceci aura des effets non négligeables sur les stratégies des gestionnaires, bien entendu. Il y a une fenêtre d'opportunité pour ce mouvement, avec la confirmation récente de la belle santé du marché de l'emploi, et le niveau d'inflation souhaité par la Fed. Celui-ci est influencé à la fois par les hausses de salaires consenties par les entreprises, et par la fermeté des prix pétroliers. D'une année sur l'autre, le baril est en effet passé de 35 dollars à un peu plus de 55 dollars. Correction en vue ?
Taux stabilisés
Dans l'attente, les effets secondaires de cette reprise des prix de l'or noir commencent à se faire sentir chez nous aussi, la remontée des prix étant elle-même dopée par l'évolution du cours du dollar, ici de 1,09 euro à 1,06 euro. Tout cela n'est toutefois pas encore préoccupant pour ce qui nous concerne. Au contraire, à 1,8 %, l'inflation en zone euro se rapproche de l'objectif (2 %) de la Banque centrale européenne, et surtout, elle gomme le risque d'une période de déflation.
Voilà qui est positif. Mais pas assez pour rassurer les investisseurs européens, tendus dans l'attente des élections en France. En conséquence, les portefeuilles se sont à nouveau tournés vers le secteur obligataire, ce qui a fait grimper les emprunts des pays les plus solides de la zone euro et fait reculer leurs rendements. En Belgique, le rendement des obligations d'Etat à 10 ans est redescendu à 0,74 % (contre 0,84 % la semaine passée), en France, il est revenu à 0,94 %, ce différentiel marquant la défiance des gestionnaires. En Allemagne, le Bund à 10 ans affiche pour sa part un rendement de 0,20 % contre 0,30 % une semaine auparavant.
La situation est donc à nouveau favorable aux valeurs de rendement, dont Proximus qui a rassuré sur la stabilité de sa politique de dividendes lors de la publication de ses résultats, conformes aux attentes.