Revue boursière: les financières saluent la fin des taux au plancher
- Publié le 08-07-2017 à 07h26
- Mis à jour le 08-07-2017 à 07h31

Banques et assurances ont été recherchées, au détriment des technos. Analyse. Les indicateurs boursiers ont finalement peu évolué cette semaine, les opérateurs préférant conserver un biais prudent dans l'attente, notamment, des chiffres officiels de l'emploi en juin aux Etats-Unis. Ces derniers se sont avérés meilleurs qu'attendu, ce qui a renforcé le principe d'une poursuite de la hausse des taux d'intérêt de référence de la Réserve fédérale américaine dans les mois à venir. Une tendance attendue aussi pour ce qui concerne la zone euro : il semble de plus en plus clair que les opérations dites de "quantitative easing" menées par la Banque centrale européenne (BCE) n'iront pas plus loin que la fin de cette année. Pour rappel, la BCE rachète chaque mois pour 60 milliards d'euros de papier sur le marché obligataire afin de jouer sur le niveau des taux d'intérêt à long terme, dans le but de stimuler l'économie.
Taux longs en hausse
Les effets de cette anticipation ne se sont pas fait attendre avec, jeudi, une nette progression des rendements à long terme, aux Etats-Unis, mais surtout en zone euro où les taux longs de référence en Allemagne sont revenus au-dessus du demi-pourcent, doublant ainsi en l'espace de deux semaines. Chez nous, l'obligation d'Etat à 10 ans est aussi passée de 0,59 à 0,91 % sur la même période. Aux Etats-Unis, les taux longs tournent maintenant autour de 2,40 %.
Banques en forme
Ceci, associé aux résultats satisfaisants des récents "stress tests" des banques américaines, du sauvetage sans accroc des deux banques vénitiennes, a redonné des ailes au secteur financier, banques et assurances. Les américaines disposant d'un atout supplémentaire dans l'espoir d'un adoucissement des normes prudentielles, si toutefois le gouvernement Trump parvenait à en concrétiser les contours. Sur la semaine, c'est clairement ce secteur qui tient le haut du pavé avec une avance globale de 2,7 % pour la banque et de 2 % pour l'assurance, un poids certain venant en contrepartie réduire les cours des valeurs défensives recherchées la semaine passée. Les ventes ont encore atteint les technologiques survalorisées, qui ont abandonné quelques dizaines de milliards de dollars de capitalisation boursière. Les temps sont d'évidence très durs pour ces dernières, victimes de la rotation sectorielle des portefeuilles entamée il y a maintenant près d'un mois. Dans ce contexte, on notera que les annonces négatives génèrent autant de mouvements de panique sur les titres concernés.
Le constructeur américain de voitures électriques Tesla en a fait l'amère expérience, son titre dégringolant sur le Nasdaq après l'annonce d'un démarrage plus lent qu'annoncé de la chaîne de production de son nouveau modèle de milieu de gamme, le "Model 3". Si la perspective du succès de ce modèle est peu contestée, le poids financier du retard annoncé sera très important, ce qui a conduit les analystes de Goldman Sachs à émettre des réserves sur l'action, en évoquant le risque d'un recul de 50 % de la cotation.

IBA se prend les pieds dans les rayons
Retard aussi, mais imprévu, pour IBA qui, submergée de commandes pour ses équipements de protonthérapie, a dû avertir le marché d'un impact sur ses prévisions de résultats relatifs à l'exercice en cours. L'action a très lourdement chuté en Bourse de Bruxelles, les analystes se montrant très critiques à propos de l'aptitude du management à gérer le potentiel de l'entreprise. Dans l'absolu, nous retiendrons que le potentiel évoqué est toujours bien présent pour ce fleuron belge, manifestement victime de son succès.
Wall Street
Rebond. Wall Street évoluait dans le vert à la mi-séance vendredi, rebondissant après la diffusion de données de bon augure sur l'emploi aux Etats-Unis en juin : le Dow Jones gagnait 0,42 % et le Nasdaq 0,99 %. Le fait que la croissance des salaires reste limitée et que le taux de participation à l'emploi augmente suffisamment pour faire remonter le taux de chômage permet à la Réserve fédérale de ne pas être sous pression pour durcir rapidement sa politique particulièrement accommodante afin d'éviter une inflation trop importante. La place new-yorkaise, qui avait fortement reculé jeudi, profite aussi d'un rebond du secteur des valeurs technologiques, l'indice regroupant ses valeurs au sein du S&P 500 prenant 1,24 %. Apple prenait 0,94 % à 144,07 dollars, Alphabet, la maison mère de Google, 1,05 % à 916,20 dollars et Facebook 1,61 % à 151,21 dollars. Qualcomm gagnait 0,69 % à 55,47 dollars. Le groupe, qui fournit les processeurs permettant la connexion des iPhone aux réseaux télécoms, a annoncé jeudi soir avoir engagé deux actions juridiques contre Apple et demandé l'arrêt des importations de certains iPhone vers les Etats-Unis. Le groupe agroalimentaire Mondelez, qui a prévenu jeudi que l'attaque informatique dont elle a été victime fin juin allait rogner ses revenus de 3 % au deuxième trimestre, prenait 0,46 % à 43,26 dollars.