"On peut investir dans des sociétés qui utilisent l'IA pour se défendre des cyberattaques"
Libre Eco week-end | L'arrivée de ChatGPT n'est que le sommet de l'iceberg du potentiel qu'offre l'intelligence artificielle comme investissements.
- Publié le 26-02-2024 à 09h15

Le développement de l'intelligence artificielle (IA) a commencé dès les années 50 avec la création d'algorithmes qui essayent de répliquer le raisonnement humain. Ensuite, on a vu apparaître des notions comme le machine learning ou le deep learning. "L'IA a besoin de trois éléments pour se développer. Il y a d'abord les algorithmes comme, par exemple, ChatGPT. Puis, il y a les données. Dans les années 50, il y avait peu de données. Elles sont devenues plus accessibles avec l'apparition d'Internet. Et, en troisième lieu, pour entraîner ces deux éléments, il faut des puces, des semi-conducteurs", explique Maxence Radjabi, gérant de fonds chez Oddo BHF AM.
L'IA est une véritable révolution silencieuse qui n'aura pas seulement un effet positif sur le secteur technologique mais qui va impacter tous les secteurs de l'économie grâce à des gains de productivité et à la création de nouvelles sources de revenus. Tous les secteurs vont devoir investir dans cette technologie pour garder un avantage compétitif. "ChatGPT n'a pas révolutionné nos vies. C'est un outil, le sommet de l'iceberg. Les opportunités d'investissement se situent dans les sociétés qui investissent dans la technologie de l'IA."
Semi-conducteurs, infrastructures et logiciels
Comment appréhender cette évolution en tant qu'investisseur ? La première approche consiste à s'intéresser aux "pelles" et aux "pioches" à savoir les semi-conducteurs. Ce sont les outils qui sont essentiels au développement de cette technologie. C'est ainsi qu'une société comme Nvidia a vu ses revenus multiplier par trois en quelques mois l'année dernière. "Ensuite, on peut investir dans les infrastructures qui servent à héberger les modèles d'IA au sein des entreprises qui voudront développer cette technologie. Ce sont les liens, les canaux de transmission", note ce gérant de fonds. Parmi les cloud providers, on trouve des sociétés comme Alphabet (Google), Microsoft ou encore Amazon. Après, viennent les sociétés qui fournissent les données aux entreprises, les sociétés de logiciels ou celles qui créent et vendent des applications. On peut citer ici, comme exemple, Microsoft avec son offre de copilotes pour la suite Office.
"Mais l'adoption de l'IA dans d'autres secteurs sera également une opportunité d'investissement. Bien sûr, à court terme, l'intégration de ces systèmes dans les entreprises aura un coût mais cela représentera un avantage compétitif à long terme dans des entreprises de plusieurs secteurs comme la santé, le secteur financier, les médias ou l'industrie. Il faut alors pouvoir détecter, dans tous les secteurs, les sociétés qui vont obtenir des gains de productivité et améliorer leur compétitivité grâce à l'utilisation de l'IA dans leur activité." Des sociétés comme Air India, Michelin, British Telecom ou Bayer ont déjà entamé leur virage vers l'utilisation de l'IA.
Il faut cependant relever que le développement de l'IA engendre également des risques. "Le risque de cyberattaques est bien présent ; 2023 est l'année qui a enregistré le plus de cyberattaques. On peut alors investir dans des sociétés qui combattront des attaques basées sur l'IA et qui utiliseront l'IA pour se défendre. Il s'agit ici de protéger à la fois la population et les entreprises. C'est un sujet important", prédit Maxence Radjabi. À noter encore que le cycle d'adoption de cette nouvelle technologie par les entreprises peut être long. Mais une chose est certaine : les perdants de demain seront les sceptiques d'aujourd'hui.