Une déclaration de Biden sur d'éventuelles frappes en Iran bouleverse le marché du pétrole
Les cours de pétrole ont bondi ce jeudi.
- Publié le 03-10-2024 à 18h14
- Mis à jour le 03-10-2024 à 19h03

Les cours du pétrole bondissent jeudi après une déclaration du président américain Joe Biden disant être "en discussion" avec Israël sur d'éventuelles frappes contre les installations pétrolières iraniennes. Vers 15H10 GMT (17H10 en Belgique) le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, prend 3,83 % à 76,72 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en novembre, gagne 4,28 %, à 73,10 dollars. Les deux références du pétrole s'étaient envolées de plus de 5 % un peu plus tôt dans la séance.
À la question "Êtes-vous d'accord avec des frappes d'Israël sur les infrastructures pétrolières de l'Iran ?", le président américain a répondu jeudi : "Nous sommes en discussion là-dessus. Je pense que ce serait un peu… Bref", sans finir sa phrase, lors d'un bref échange avec la presse à la Maison Blanche.
Ces déclarations font bondir les cours, les investisseurs craignant des répercussions sur l'approvisionnement iranien. L'Iran fait partie des dix plus grands producteurs de pétrole et possède les troisièmes réserves prouvées derrière le Venezuela et l'Arabie saoudite.
Des frappes sur les sites de production de pétrole iranien "pourraient faire perdre deux à trois millions de barils par jour au marché dans le pire des scénarios", commente auprès de l'AFP Ole Hvalbye, analyste chez Rystad Energy.
Le Bel 20 crispé
Les appréhensions géopolitiques pesaient à nouveau sur la tendance des deux côtés de l'Atlantique jeudi, l'indice Bel 20 suivant le mouvement avec un nouveau recul de 0,60 % à 4.285,32 points et 13 de ses éléments dans le rouge. Solvay (36,31) et Lotus Bakeries (11.920) étaient finalement stationnaires, cette dernière ayant atteint un nouveau sommet à 12.240 euros en séance. Les baisses étaient quant à elles emmenées par Azelis (19,33) et Umicore (11,31) qui chutaient de 3,93 et 3,17 % devant KBC (68,84) et Syensqo (77,93) qui étaient négatives de 2,13 et 1,58 % tandis qu'Ageas (47,66) cédait 0,54 %.
L'avis des Brokers sur Unifiedpost, Ontex et Miko :
Unifiedpost (+ 0,9 % à 3,48 euros) a été relevé de "neutre" vers "surpondérer chez ODDO BHF, l'objectif restant inchangé à 4,5 euros. "Pour atteindre les objectifs fixés par la direction, les activités centrales devront continuer à afficher une croissance supérieure à 10 % tout en maîtrisant les coûts". En outre, la vente récente de la division Wholesale Identity Access aux Pays-Bas devrait permettre de rembourser les dettes, et de renforcer l'attractivité boursière du titre.
Ontex (-0,9 % à 8,73 euros) a vu son objectif descendre de 13,5 vers 12,75 euros chez Degroof Petercam, la note étant maintenue à "acheter". Cette révision est intervenue suite à l'annonce qu'un accord avait été trouvé pour vendre les activités brésiliennes, qui va générer des rentrées nettes inférieures aux attentes. "Cette opération va permettre de réduire l'endettement, ce qui devrait rendre plus facile le refinancement du groupe". L'analyste souligne également que la valorisation actuelle est loin de refléter les progrès réalisés ces derniers mois.
Miko (inchangé à 50 euros) a été confirmé à "accumuler" chez KBC Securities, la cible étant lourdement abaissée de 85 vers 67 euros. L'analyste souligne que les activités centrales du groupe continuent de bien se comporter en dépit des incertitudes sur les prix des matières premières et du cours historiquement élevé du café. "La croissance de ces activités a toutefois été assombrie par une perte exceptionnelle sur la vente de la marque maison distribuée dans la grande distribution".
Automobile : les perspectives s'assombrissent
Le constructeur automobile Stellantis a lâché 4,09 % à Paris, après que Barclays a dégradé sa note sur le titre. "Nous nous sommes trompés sur Stellantis, en étant trop lents à reconnaître son problème de stocks aux États-Unis et l'érosion de ses parts de marché dans l'UE et aux États-Unis", ont écrit les analystes de la banque, soulignant au passage que "les actions sont en baisse de 41 % depuis le début de l'année".
Presque toutes les valeurs du secteur ont reculé en Europe : Volvo a cédé 3,35 %, Porsche 3,89 %, Continental 3,27 %, Mercedes-Benz 1,22 %, BMW 1,55 %, Volkswagen 1,57 %, Renault 2,05 % et Aston Martin 3,32 %.
Ces titres affichent de très fortes baisses depuis le début de l'année car les perspectives de tout le secteur s'assombrissent en raison de la baisse de la demande pour les véhicules électriques et de la concurrence des acteurs chinois sur ce segment.

